C’est le poste où l’on se blesse le plus, et celui où l’on remplace le moins facilement. La reprise le rappelle à quatre clubs en même temps.
Le pilier est un poste à part. Il exige une technique et une masse que l’on ne remplace pas en piochant dans une ligne arrière, et le vivier de joueurs capables de tenir une mêlée de Top 14 est étroit. Quand plusieurs tombent en même temps, un club se retrouve sans solution interne.
Quatre clubs, quatre situations
L’Union Bordeaux-Bègles est la plus touchée. Jefferson Poirot souffre d’une entorse du genou droit et n’est pas attendu avant la mi-octobre, Ben Tameifuna et Carlü Sadie sont à l’infirmerie, et Zaccharie Affane, que le club avait retenu plutôt que de le laisser repartir à Brive, s’est blessé à son tour. Quatre piliers sur les neuf inscrits à l’effectif.
Le LOU a perdu trois joueurs au même poste. Avé Maalo s’est luxé l’épaule droite contre le Leinster et doit être opéré, avec une indisponibilité annoncée jusqu à la fin de l’année civile. Les deux piliers droits recrutés cet été, Opeti Helu et Tim Hoyt, sont eux aussi à l’arrêt sans avoir joué la moindre minute sous leurs nouvelles couleurs.
Toulon vient d’apprendre que Beka Gigashvili sera opéré du pied en fin de semaine, pour une absence estimée entre un et deux mois. Le Géorgien traînait cette gêne depuis des mois et jouait avec. Jean-Baptiste Gros est par ailleurs annoncé très incertain pour le déplacement à Bayonne.
Bayonne, justement, se passe de Pierre Castillon, qui soigne une rupture des ligaments croisés du genou, et d’Ignacio Calles, absent des dernières séances.
Un marché de jokers médicaux à sec
La difficulté ne s’arrête pas au diagnostic. Encore faut-il trouver un remplaçant, et le marché est étroit à cette période. Laurent Marti a confirmé chercher un joker médical pour Bordeaux, sans succès : les pistes Antoine Tichit, 37 ans, ancien pilier de Castres, et Pagakalasio Tafili, 39 ans, passé par Vannes, n’ont pas abouti.
Les profils disponibles en septembre sont par définition ceux que personne n’a retenus en juin. C’est ce qui explique que les clubs se tournent vers des joueurs en fin de carrière, ou qu’ils s’en remettent à leurs jeunes.
Ceux qui s’en sortent le mieux
Tous ne sont pas logés à la même enseigne. Toulon peut aligner Kyle Sinckler et Rabah Slimani à droite, et le recrutement de ce dernier prend soudain une autre valeur. Bayonne conserve une première ligne fournie avec Emerick Setiano, Luke Tagi, Lasha Macharashvili et Tevita Tatafu, ce dernier ayant retrouvé l’entraînement collectif après avoir manqué toute la préparation.
Le LOU, lui, aborde la réception de Clermont avec Irakli Aptsiauri, 23 ans, et l’espoir Thomas Marceline pour tenir le numéro 3.
Reste que ces absences pèsent sur un poste où la relève ne s’improvise pas, et que le premier bloc de championnat se joue jusqu à la mi-octobre, soit précisément la période durant laquelle la plupart de ces joueurs sont attendus.






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