Fabrice Quénéhervé est un président occupé même en vacances. En même temps, c’est un peu de sa faute, il plaide depuis des années pour un rugby qui ne s’arrête jamais. Et ça marche. Ou plutôt ça court.
Un bénévolat qui ne s’arrête jamais
Comment se déroulent les vacances, Président ? J’avoue que le rugby n’arrête jamais vraiment, mais bon ça, c’est la joie du bénévolat. La Ligue est fermée pendant deux semaines, la dernière de juillet et la première semaine d’août, on sanctuarise cette période là pour nos équipes, 15 salariés. Et puis ça permet aussi de couper un peu mais on a toujours des petits sujets de fin de saison, des queues de comètes à traiter tout en préparant la prochaine, c’est la vie ! On dit que les requins ont besoin de nager pour respirer et le bénévole est un peu pareil, il ne s’arrête jamais vraiment !
« Du rugby partout, pour tous, tout le temps »
2025/26 a été une belle saison bretonne ? Une saison très dense. Il y a quelques années dans le slogan qu’on avait développé à la mise en place de notre plan d’orientation stratégique en 2018, on voulait « du rugby partout, pour tous, tout le temps ». Le « tout le temps », on n’est vraiment pas très loin de l’atteindre. La saison de compétitions s’achève en mai, mais on a ensuite le circuit Seven, les finales du rugby loisirs sont un peu décalées puis, durant l’été, on a encore du beach rugby tandis qu’on a déjà des clubs qui reprennent la préparation et les matchs amicaux début août ! Donc ça ne s’arrête jamais réellement.
A souligner d’ailleurs une belle victoire du REC qui s’est imposé face à Suresnes. Ce sont des bons signaux. La saison dernière avait démarré par un match de préparation de Vannes contre le Stade Toulousain au Roudourou de Guingamp. C’était fantastique de vivre ça le 21 août dernier. Ça s’est achevé par la montée de Vannes en Top 14, puis l’accueil du congrès de la Fédération Française de Rugby à Brest. C’était aussi un véritable temps fort, ça faisait en effet 18 ans que la Bretagne n’avait pas accueilli le congrès, le RC VANNETAIS évoluait alors en Fédérale 1 !
Beaucoup de chemin a été parcouru depuis ? Quand on se remémore 2008, où en était le rugby breton en termes d’effectifs, de clubs… C’était hier et pourtant, c’est ce que j’avais déclaré lors de mon discours d’ouverture de l’assemblée générale de la FFR, « à l’époque de la Coupe du Monde 2007, il y avait plus de licenciés football en Bretagne que de licenciés rugby dans toute la France ». C’est vertigineux mais ça permet de relativiser. On continue notre développement, la croissance se poursuit en Bretagne. Nous sommes une terre où il y a un beau défi à relever, on continue à travailler.
66 clubs, 14 000 licenciés et 85 % de fidélisation chez les dirigeants
L’état des forces du rugby breton, aujourd’hui, c’est quoi ? Combien ? 66 clubs, c’est très stable, le maillage se renforce. Les effectifs licenciés ont dépassé les 14 000, la croissance est moins marquée que les années précédentes, mais ça reste de la croissance. On était à + 1,6 % d’augmentation en cumulant dirigeants, joueurs et joueuses. Surtout on se satisfait de la poursuite de la structuration des clubs, une super fidélisation, on a plus de 85 % de fidélisation chez nos dirigeants. On a donc des structurations de clubs qui progressent. On a des nouveaux collectifs qui apparaissent que ce soit dans les compétitions féminines, chez les jeunes voire les séniors masculins. Le travail paye.
Vous avez 3 % du haut niveau de la France du rugby en Bretagne entre la Fédérale 1 Saint-Malo, la Nationale Rennes, le Top 14 Vannes, sans oublier les filles du Stade Rennais… Chez nos locomotives aussi ça continue à bien bosser, les clubs continuent à progresser, à avancer, c’est vraiment très plaisant à observer et accompagner quand on est dirigeant au service du Rugby régional.
Rugby féminin : une référente « rugby pour Elles » par club
Quels sont vos axes de développement pour le rugby féminin ? On travaille beaucoup sur la fidélisation des jeunes filles. En termes d’attractivité, on est plus que correct y compris en école de rugby. Cette saison, un objectif est de renforcer le réseau de référentes et référents « rugby pour Elles ». Il y a parité dans notre société, dans la démographie française, il devrait donc y avoir des filles et des femmes dans tous nos clubs et toutes les catégories. Nous allons donc promouvoir et développer cette fonction de référente ou de référent « rugby pour elles » dans tous les clubs bretons. Il ne s’agit pas de « simplement » accompagner un collectif mais de dynamiser un club, le rendre attractif pour le public féminin, fidéliser nos pratiquantes de tous âges… On poursuivra également les rassemblements U12-U15-U18 féminines pour continuer à mettre du lien intercatégories.
Un protège-dents aux couleurs du Gwen-ha-Du

Et puis le drapeau breton va se retrouver dans des milliers de mâchoires, expliquez-nous. Dans sa politique de prévention, à compter de la saison 2027-2028, la fédération souhaite rendre obligatoire un protège-dents qui n’était jusqu’alors que recommandé. Et là, grâce à un petit clin d’œil régional, j’aimerais que ce protège-dents n’apparaisse pas seulement par la contrainte mais surtout par l’envie. On aimerait en faire un accessoire de mode, quelque chose que les enfants ont envie d’avoir et de porter. On a donc fait une commande groupée permettant une personnalisation, 5 000 unités pour commencer, pour pouvoir alimenter à terme tous nos clubs, tous nos licenciés avec des protège-dents aux couleurs du Gwen-ha-Du, le drapeau breton. De beaux sourires en perspective !
Les clubs bretons qui souhaitent participer à cette commande groupée peuvent remplir le formulaire d’inscription.






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