Deux candidats pour succéder à Shaun Edwards, et un critère qui ne semble pas avoir pesé : ce que chacun a fait de la défense de son club.

Deux informations en quelques heures

Jeudi après-midi, Joan Caudullo a ouvert la porte en conférence de presse. Le manager de Montpellier accepte que Geoffrey Doumayrou, son entraîneur de la défense, travaille avec le XV de France pendant les périodes internationales, tout en conservant ses fonctions au club. Le MHR a même anticipé ses absences de novembre.

Quelques heures plus tard, Midi Olympique annonçait que Christophe Laussucq avait pris l’avantage pour succéder à Shaun Edwards, écarté du staff des Bleus au printemps. Les deux informations ne se contredisent pas tout à fait : Montpellier dit oui, la fédération regarde ailleurs.

Ce qui a bloqué

Deux obstacles sont avancés. Geoffrey Doumayrou ne possède pas le DES, le diplôme que la FFR fait passer à ses techniciens, ce qui aurait suscité des réserves en interne. La solution envisagée consistait alors à lui confier un rôle de consultant lors des rassemblements.

C’est surtout le montage lui-même qui aurait coincé. Jean-Marc Lhermet, chargé du XV de France à la fédération, ne serait pas parvenu à conclure avec le club héraultais. Christophe Laussucq, lui, est libre de tout engagement depuis que l’Union Bordeaux-Bègles l’a libéré de sa dernière année de contrat. Sa disponibilité règle à elle seule le problème que posait l’autre candidature.

La première défense du Top 14 contre la septième

Le choix se lit autrement dans les chiffres. Geoffrey Doumayrou est arrivé dans le staff montpelliérain le 1er juillet 2024. La saison précédant son arrivée, le MHR avait encaissé 655 points en vingt-six journées, neuvième défense du championnat, et s’était sauvé en barrage.

Sa première saison a fait remonter le club à la troisième place défensive, 609 points encaissés. La deuxième l’a placé premier du Top 14, avec 587 points encaissés en vingt-six matchs, soit 22,6 par rencontre, meilleur total de la saison devant le Stade Toulousain. Montpellier a fini en finale.

Christophe Laussucq tenait la défense de l’Union Bordeaux-Bègles depuis 2023. Les Girondins ont terminé cinquième défense du Top 14 en 2023-2024, troisième en 2024-2025, puis septième la saison dernière avec 719 points encaissés, 27,7 par match. La trajectoire est inverse de celle de Montpellier.

Une défense ne se résume évidemment pas à son entraîneur, et l’UBB joue un rugby de mouvement qui expose davantage que celui du MHR. Reste que sur les deux dernières saisons, l’écart entre les deux clubs est de cinq points encaissés par match, en faveur de celui dont le technicien n’a pas été retenu.

Un staff montpelliérain qui bouge de partout

Cette séquence tombe au lendemain de l’officialisation de la prolongation de Joan Caudullo jusqu’en 2029. Arrivé en juin 2024 après un barrage de maintien gagné à Grenoble, l’ancien talonneur a conduit le club en finale du dernier Top 14.

Autour de lui, le staff se remanie. Selon L’Équipe, Didier Bès, en charge de la mêlée, et Jérémy Valls, consultant jeu au pied, ne seraient pas reconduits à l’issue de la saison. Joan Caudullo, lui, veut prolonger Geoffrey Doumayrou au-delà de 2027. La décision de la fédération, attendue dans les prochains jours, lui facilitera peut-être la tâche.