Aurillac a mené deux minutes dans tout ce derby, entre la 77e et la 79e. C'est le seul moment où le sans-faute briviste a vacillé.
Deux minutes devant, et rien de plus
Le derby s’est joué dans les trois dernières minutes. Aurillac est passé devant pour la première fois à la 73e, sur un essai d’Irakli Mtchedlidze, puis a pris cinq points d’avance à la 77e grâce à une pénalité de Jack Strachan : 28-26. Deux minutes plus tard, John Cooney a redonné l’avantage à Brive d’un dernier coup de pied, 28-29.
Avant cela, les Corréziens avaient mené presque toute la rencontre. Yanis Charcosset ouvrait le score dès la 5e sur un ballon porté, Gatien Masse doublait la mise à la 23e, et Brive comptait dix points d’avance à la pause, 10-20. Le carton jaune de Tim De Jong juste avant le repos n’a pas suffi aux Cantaliens, qui sont revenus par Tedo Abzhandadze à la 47e sans jamais réussir à tenir leur avantage.
Cinq pénalités sur cinq, après trois matchs sans en tenter une
John Cooney a inscrit 19 des 29 points de Brive : cinq pénalités et deux transformations, sans le moindre échec. C’est la première fois de la saison que le demi de mêlée irlandais tentait une pénalité. Sur les trois journées précédentes, contre Valence-Romans, Agen et Nice, il n’avait botté que des transformations, neuf au total pour 10 points.
Dit autrement, il a marqué à Aurillac les deux tiers de son total de la saison. Ses 29 points le placent au septième rang des marqueurs de Pro D2, derrière Jack Strachan justement, qui en compte 44 pour Aurillac.
À l’échelle de sa carrière, ces 19 points constituent sa deuxième meilleure marque sous le maillot de Brive, après les 20 points inscrits contre Vannes en août 2025. Et ses cinq pénalités égalent son record dans un match, établi à Clermont avec l’Ulster en Champions Cup, en décembre 2021.
Quatre victoires, dont deux à l’extérieur
Brive est le seul club de Pro D2 à avoir gagné ses quatre matchs. Valence-Romans battu 23-21 à domicile, Agen corrigé 37-14 à l’extérieur, Nice dominé 38-17, puis ce derby arraché dans le Cantal : dix-sept points au classement, trois de plus qu’Oyonnax, qui joue son quatrième match ce vendredi à Agen.
Les deux déplacements comptent autant que les deux réceptions. Le CAB a marqué 127 points et en a encaissé 80, et n’a jamais perdu le fil d’un match, à part deux minutes jeudi soir.
Ce que sont devenus les précédents 4 sur 4
Dix-huit clubs avant Brive ont gagné leurs quatre premiers matchs de Pro D2. En se limitant à l’ère du Top 14, ouverte en 2005, ils sont seize, et sept d’entre eux sont montés la saison suivante : Auch en 2007, Toulon en 2008, le LOU à trois reprises en 2011, 2014 et 2016, Pau en 2015 et Vannes en 2024.
Les neuf autres sont restés en Pro D2. Aurillac, justement, avait signé ce départ parfait en 2015. Albi l’a fait deux fois, en 2010 et 2014, sans jamais monter. Et la saison 2021-2022 a vu trois clubs partir à 4 sur 4, Colomiers, Mont-de-Marsan et Montauban, sans qu’aucun ne rejoigne l’élite l’année d’après.
Le départ parfait ne dit donc pas grand-chose de la montée, mais il double à peu près les chances. Un peu moins d’un club sur deux y parvient, pour deux montées sur quatorze clubs chaque saison.
Aurillac marque et encaisse plus que tout le monde
Aurillac repart avec le point de bonus défensif, son sixième point en quatre journées, pour une victoire et trois défaites. Le club cantalien a encaissé 173 points depuis le début de la saison, le plus haut total de Pro D2, mais en a aussi marqué 143, le plus haut total également.
Jack Strachan, avec 44 points, est le meilleur réalisateur de la division. Le problème d’Aurillac ne se situe pas devant les perches.





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