Arrivé à Rouen début 2025 comme consultant en défense, Yannick Nyanga entraîne aujourd'hui le club normand en Nationale. L'ancien troisième ligne du XV de France a gardé le même enthousiasme.

Lancé chez les professionnels à Béziers, Yannick Nyanga a passé dix saisons au Stade Toulousain puis a raccroché en 2018 avec le Racing 92, deux semaines après une finale de Champions Cup perdue contre le Leinster. Huit ans plus tard, il vit le rugby depuis le banc de Rouen, deux victoires en quatre journées de Nationale.

« Toujours à poursuivre mes rêves »

Comment va Yannick « cœur de lion » Nyanga ?

Ça va, toujours à poursuivre mes rêves !

En quelle année êtes-vous arrivé au RNR ?

Je suis arrivé au début de 2025, comme consultant. Ils cherchaient un entraîneur pour la défense. Au début, je venais une fois par semaine.

Six mois autour du monde

Je revenais de six mois à voyager « autour de la terre » : Angleterre, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, pour observer les « best practices ». Les mois en Nouvelle-Zélande et en Afrique du Sud ont été révélateurs. Je voulais voir si le métier d’entraîneur était vraiment celui que je voulais faire ou pas.

J’ai eu beaucoup d’inspirations françaises, mais je me demandais comment il était possible qu’un si petit pays que la Nouvelle-Zélande (5-6 millions d’habitants, 100 000 licenciés) soit trois fois champion du monde. Cette question m’a toujours intrigué, donc je suis parti voir. J’ai visité les différentes institutions, rencontré différentes personnes, pour comprendre leur écosystème.

J’ai ensuite fait la même chose avec l’Afrique du Sud. J’ai pu vivre en immersion une semaine avec les Springboks en novembre 2024. J’ai eu la chance de connaître et de voir comment fonctionne Rassie Erasmus, c’était extraordinaire. Les Sharks et les Stormers m’ont aussi ouvert leurs portes dans la foulée.

Monaco, un pays-club

Vous êtes alors passé par la case Monaco Rugby…

J’ai eu l’opportunité de revenir au rugby pour préparer le Supersevens, de décembre 2024 à février 2025. Ça m’a permis de retrouver le terrain, mais pas que. Le rugby à 7 et Monaco ont des problématiques différentes. Monaco, c’est un pays-club : comment fais-tu pour monter une équipe quand tu es Monaco Rugby, pour jouer le Supersevens ? C’était très enrichissant. Je suis d’ailleurs reconnaissant envers Manu Falco et Fred Michalak pour l’opportunité.

« Ce match est arrivé trop tôt »

Et donc depuis mars 2025, Rouen. La pré-saison s’est bien passée, le début de saison n’est pas mal ?

Oui, la pré-saison s’est bien déroulée. Nous avons débuté le championnat avec un match assez spécial pour nous, à Suresnes. Il y avait beaucoup d’anciens joueurs de Rouen, et l’entraîneur Romain Sola, avec qui nous avions partagé le poste ici la saison dernière. Je pense que ce match est arrivé trop tôt dans la saison. Émotionnellement, nous n’étions pas encore prêts.

Derrière, on a eu un bon match contre Orléans, puis un déplacement à Carcassonne où, selon moi, le score ne reflétait pas la physionomie du match. Nous avions réussi à produire du jeu et à exister, et à l’arrivée, il y a 28 à 5. C’est comme ça. On apprend…

Quels sont les objectifs du RNR ?

L’objectif est de faire progresser l’équipe. Pour cela, nous avons construit un staff solide et expérimenté, pour faire progresser les joueurs.

Des jeunes nés entre 2002 et 2007

Avez-vous une visibilité sur le centre de formation, sur les écoles de rugby ? Avez-vous des échanges avec les clubs partenaires ? Y a-t-il un véritable bassin rugby à Rouen ?

Oui, complètement. Je dois d’ailleurs féliciter Richard Hill, qui avait déjà fait du bon boulot dans ce sens. Ça a ensuite été perpétué par les entraîneurs qui se sont succédé jusqu’à présent, et je me dois de reprendre le flambeau. Je bénéficie de très bons jeunes qui arrivent du centre de formation pour accompagner nos joueurs plus expérimentés, des joueurs nés entre 2002 et 2007. Tout ça doit nous pousser à bien travailler, car ils ont beaucoup d’énergie et doivent gagner rapidement en expérience.

Je suis exactement dans ce que je voulais en venant ici. L’équipe grandit, c’est une sensation positive.