Vainqueur 26-19 à Évreux samedi dernier pour son entrée en Fédérale 2, La Roche-sur-Yon a changé de monde cette saison : sa poule l’emmènera jusqu’à Roubaix et Amiens, qu’il reçoit dimanche 20 septembre. Son président, David Decoux, fait le point sur un club passé pour la première fois au-dessus des 500 licenciés. Entretien réalisé avant la première journée.

« Roubaix, Amiens, c’est un autre monde pour nous »

La Roche-sur-Yon, la nouvelle saison arrive à grands pas. Fédérale 2…

Oui, Fédérale 2 pour l’équipe première, avec le début du championnat ce samedi. Ça approche, on a hâte que ça commence. On est tous très enthousiastes avec cette nouvelle saison qui arrive.

Vous avez vu la poule ? Vous la connaissez depuis longtemps ?

On la connaît depuis juillet. Cette année, on est dans la poule parisienne, et malheureusement on va aller sur de plus grands déplacements, puisqu’on monte dans le nord de la France, jusqu’à Roubaix et Amiens. Mille kilomètres aller-retour, et même plus. J’avoue que ces déplacements ne sont pas opportuns pour des clubs comme le nôtre : ça demande des budgets et un temps énormes pour des clubs amateurs. Le train, c’est impossible, il faudrait faire trois changements. Donc on ira en bus. Mais ce sont des budgets énormes. Aujourd’hui, développer le rugby sur des territoires où il n’y en a pas, c’est une bonne chose, mais pas au détriment des autres. Si je prends l’exemple de mes collègues bordelais, j’ai vu un président, un ami, il y a quelques semaines, qui m’a dit que son plus grand déplacement serait d’une heure… L’année dernière, nous étions dans la poule du Sud-Ouest. Il y avait de gros déplacements, mais c’était encore faisable. Là, Roubaix, Amiens, c’est un autre monde pour nous.

Près de 90 % de l’effectif conservé, 24 ans de moyenne d’âge

Question effectif, vous en êtes où ? Satisfait des prolongations, des signatures, de votre groupe équipe première ?

Oui, on est très, très satisfaits de notre groupe aujourd’hui. Notre plus grande fierté, c’est d’avoir pu conserver près de 90 % de nos joueurs. On a gardé ceux qu’on souhaitait, c’est une bonne chose. Et nous avons un groupe très jeune, avec 24 ans de moyenne d’âge à peu près. On a beaucoup de jeunes issus de notre formation. Cette année, on intègre trois joueurs qui montent directement des Crabos, c’est chouette.

Une école de rugby labellisée 3 étoiles

Du monde à faire briller dans votre centre de formation ?

Une de nos grandes fiertés, c’est d’avoir été labellisés 3 étoiles au niveau de l’école de rugby. On est ultra fiers. Je crois qu’en France, seuls 80 clubs sur 2 000 peuvent le revendiquer. C’est une fierté. Si je dois mettre quelqu’un en avant, c’est notre éducateur, Arthur Jeudy. C’est lui qui a travaillé sur toute la mobilisation pour cette école de rugby. Ça m’embête de ne citer qu’une ou deux personnes, mais notre manager général fait aussi un boulot extraordinaire, Jérémy Luçon, que vous avez déjà reçu je crois. Je connais très peu de managers sportifs aujourd’hui, voire pas du tout, qui entraînent l’équipe une et font le baby rugby le samedi matin. C’est un gamin qui a commencé à l’école de rugby chez nous et qui prend aujourd’hui de plus en plus de poids et de responsabilités.

Cinq finales féminines accueillies en juin

Président, un petit bilan des cinq finales nationales de rugby féminin que vous avez accueillies…

Une sacrée secousse ! On a passé des super moments, c’était une grosse organisation. J’ai trouvé que l’ambiance féminine était très conviviale, les filles très joviales. Ça s’est très bien passé. On était contents aussi que La Rochelle puisse enfin accéder : c’est notre club partenaire et notre club voisin, on travaille beaucoup avec eux. C’était un super moment.

530 licenciés, un budget au-dessus de 700 000 euros

Aujourd’hui, alors que les signatures continuent, combien comptez-vous de licenciés ?

530 licenciés. On a dépassé pour la première fois les 500. Nous sommes dans une dynamique positive, notamment chez les jeunes : au niveau de l’école de rugby, chez nous, c’est de plus en plus important.

C’est indiscret de vous demander le montant de votre budget prévisionnel ?

Je suis assez transparent là-dessus : cette année, on va dépasser les 700 000 euros. C’est un budget cohérent pour notre division. Mais comme je vous le disais, nous n’avons pas du tout les mêmes budgets de transport que certains clubs…

Vous avez une économie réelle. Quels sont vos principaux partenaires ?

C’est compliqué de n’en citer que quelques-uns. Jeudi dernier, on a fait la présentation de l’équipe première auprès de nos partenaires : ils étaient plus de 100 présents. Je vais citer la ville et le département, sans eux nous n’existerions pas.

« L’équipe première est la vitrine, le pilier reste la formation »

Quelle est l’ambition pour votre club ?

C’est un équilibre entre deux choses difficiles à mettre en place. J’attaque ma cinquième année de présidence et le projet comme les ambitions ont toujours été clairs : que l’équipe première soit la vitrine du club, mais que le pilier reste la formation. Aujourd’hui, la majorité de nos joueurs de l’équipe vitrine sont issus de notre formation. C’est ce qui fait briller, ce qui donne envie aux gamins, aux supporters, à tout le monde. Toutes ces émotions qu’on a le week-end… Notre ambition, c’est de continuer à grandir via la formation et notre équipe première. Je pense que c’est un club où il fait bon vivre, c’est une de nos forces. La Roche, ça vous gagne.