La semaine commence par des brouillons. Parfois sur papier pour les journalistes « à l’ancienne ». Des angles, des questions, des anecdotes, des statistiques… Tout est passé à la loupe. Le téléphone chauffe, comme ceux des responsables de communication qui reçoivent un paquet de demande d’interview. On écrit, on efface mais surtout, on attend le grand moment avec impatience.
Le réveil sonne tôt, le samedi matin. Pas de voiture officielle, pas de chauffeur privé non plus. On prend le métro comme les supporters, sac à dos bien accroché et ordinateur bien branché. Aux abords du stade, on sent, on tend l’oreille et on observe, réflexes de métier.
On s’aligne devant un guichet, on tend la carte de presse, on récupère un ticket repas (c’est important) et après une fouille du matériel, on pénètre dans l’enceinte. Direction le centre médias.
Stress et tension
Qu’on se rassure, pas de magret de canard, pas de caviar ni de petits fours. De simples sandwichs avec une poignée de chips sans sel un muffin pour les plus gourmands. Mais qu’on se le dise, avec les températures du moment, on ne va pas non plus se plaindre d’être dans une grande salle climatisée… Des rangées de tables avec des prises électriques, des écrans de télévision diffusant des matches en cours, des bises de partout. Quelques jeunes pointent le bout de leur nez autour des journalistes les plus expérimentés. Il y a du café pour tenir avant la longue nuit qui nous attend. On vérifie la connexion, aussi, c’est important. Et on râle, évidemment. Autour de nous, les conversations se chevauchent. Pronostics, météo capricieuse du soir, on est déjà dans l’ambiance.
Quand le coup d’envoi approche, on rejoint la tribune presse. En l’occurence, celle où les journalistes prennent place a été renommée « Tribune Thierry Roland ». Les places sont décidées à l’avance, il faut bien lire son numéro sur l’accréditation. On se sent tout petit en grimpant les premières marches. Et comme un bon vieux réflexe, on sort le téléphone pour immortaliser le moment. assignées à l’avance. On se retrouve souvent à côté des collègues et non loin du staff d’une équipe.
Hier soir, ce sont les adjoints de Joan Caudullo, le manager de Montpellier, qui prenaient place à nos côtés. Là aussi, on tend souvent l’oreille pour savoir ce qui se dit… Pour nous, pas d’écran. Si ce n’est nos ordis, ralentis par une connexion convoitée. On sort le carnet, les jumelles pour mieux y voir, on branche tous nos appareils et on râle encore après le Wifi défaillant. C’est le jeu.
On prend des notes, à la main ou sur ordinateur. Des noms, des faits de jeu, des changements. Au fil des minutes, et suivant la physionomie des rencontres, la tension et l’adrénaline montent. Si certains ont peut-être commencer leur compte-rendu dès la mi-temps après une démonstration toulousaine, d’autres attendent, car dans le sport, rien n’est joué d’avance. Cela a d’ailleurs été le cas, avec une remontée de Montpellier en seconde période. Mais il faut toujours être attentif et prévoyant. Notamment lorsque le match fut interrompu quelques minutes à la suite de plusieurs éclairs dans le ciel dyonisien. Il fallait faire vite pour sortir l’information.

A entendre le public, à voir la beauté de l’arène, on sait qu’on est privilégié et pourquoi on a choisi ce métier. Le coup de sifflet final déclenche, lui, une autre mécanique. Les tribunes explosent mais dans la tribune presse, les doigts s’affolent sur les claviers. Les discussions sont terminées – si ce n’est pour se concerter avec les collègues – et les visages se crispent. Personne n’a réellement le temps d’observer la fête qui va se dérouler. On intègre les dernières statistiques, parfois pas à jour, on relit en diagonale, on envoie.

C’est le temps de souffler, de boire un autre café, d’aller aux toilettes. Un repos de courte durée. La zone mixte est au sous-sol, sous les tribunes. Les journalistes s’alignent d’un côté et les joueurs passent de l’autre, sous les regards vigilants des responsables de communication. On attend. Il fait chaud. Sur la feuille de match, de nombreux journalistes avaient demandé les présences d’Antoine Dupont et d’Ugo Mola. Mais ils ne sont pas venus. Joan Caudullo a été le premier à se présenter, la mine des mauvais jours. Ont suivi le rugueux Lenni Nouchi, les copains de toujours Baptiste Erdocio et Auguste Cadot mais aussi les Toulousains Romain Ntamack, Kalvin Gourgues, Virigile Lacombe ou Paul Graou. Les questions fusent, les réponses s’enchaînent, les dictaphones font le boulot.
Puis on repart pour terminer la nuit derrière l’écran, avec du contenu à disséquer, des phrases à reformuler, un titre impactant à trouver… On n’a pas vu la fin de la fête. Mais on ne s’en plaindra pas.

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