On l’avait laissé au bord du lac de Wanaka, l’été austral sur le déclin, avec la promesse que « le plus dur restait à venir ». Six mois après son départ, Eliott a fait ses comptes : une cinquantaine de mêlées poussées sous le maillot d’Upper Clutha, un job de housekeeper à mi-temps, et une vie partagée avec sa chérie à l’autre bout du monde. Le pilier gauche du Rugby Club Baulois, par ailleurs bartender au Charlie’s Corner, referme la parenthèse néo-zélandaise et rentre dans sa Loire-Atlantique. Avant de raccrocher cette série « Down Under », il revient une dernière fois sur la fin du périple — et sur ce qui l’attend à La Baule. Entretien.

Le vol retour, via Dubaï ?

Non, Singapour. Parce qu’au moment où j’ai pris les billets, il y avait un peu d’incertitude sur le Moyen-Orient… C’était pourtant les moins chers, mais j’ai préféré passer par Singapour pour être tranquille.

Tu as poussé combien de mêlées en Nouvelle-Zélande ?

Attends, que je ne te dise pas de bêtises… Un match, deux matches, trois, cinq matches… Disons cinquante mêlées, je pense.

Un niveau « au moins une grosse Fédérale 3 »

Pour quel niveau de jeu ?

C’est un peu dur à dire, parce que notre équipe était très homogène, avec un gros niveau. En fait, je pense qu’on était quand même dans un coin qui n’est pas le coin de la Nouvelle-Zélande le plus fort, où il y a le plus de clubs. Donc il y a quand même une grosse disparité entre les clubs, un peu comme tu peux avoir chez nous en Fédérale 3, par exemple, où tu vas avoir certaines fois des grosses équipes dans une Ligue, et puis des équipes du même niveau théorique mais dans une Ligue moins forte. La marche peut être haute. Mais intrinsèquement, je dirais au moins une grosse Fédérale 3.

La vie de « French housekeeper »

C’est quoi, la vie de « French housekeeper » ?

C’est vite la routine, les journées se ressemblent. Mais nous, c’était un travail à mi-temps, on avait le temps de profiter de la ville. Après, le travail, bah tu apprends gentiment, de toute façon, pas à pas. Comment ne pas avoir les mêmes attentes qu’en France, parce que ce ne sont pas des trucs qu’on aurait tentés en France… Tu mets de l’eau dans ton vin et puis tu prends ce qu’il y a à prendre. On avait une super équipe, nos deux patrons étaient britanniques, ils avaient le même profil que nous. C’était vraiment chouette. Et puis on est quand même contents d’avoir fini, parce que le but du jeu, c’était aussi de profiter.

Une vraie « overseas experience » ?

Carrément. Tu vois, au final, c’est sûr, on sera restés six mois, et sur les six mois on aura bossé les deux tiers, quasiment. Alors ça a rarement été en temps plein, mais au final on aura bossé les deux tiers. Et puis au retour, ce sera le Charlie’s et en avant, quoi ! Un peu de temps au calme pour le retour quand même, un mois, je me pose, je retrouve les proches, et après retour au boulot.

Le retour à La Baule

Retour au rugby aussi ?

Ouais. Je vais rester à La Baule. Il y a un moment où j’avais hésité à peut-être rejoindre un club de Fédérale 3, mais en fait, entre les opportunités professionnelles et l’investissement que ça demande, c’était plus simple aussi de rester à La Baule. Et ça reste mon club de toujours. On va essayer de reconstruire, moi, ça me va.