L’apéro est un art de vivre. Ce ne sont pas les rugbymen qui vous diront le contraire. C’est pour cela que Louis-Matthieu Jazeix, ancien joueur de rugby professionnel, passé par Mont-de-Marsan, Carcassonne, Suresnes ou encore Anglet (entre autres), a eu une idée innovante.

Celui qui est à la recherche d’un nouveau défi sportif, a décidé de faire appel à Bur, artiste lyonnais réputé, pour lancer une marque de chips aux paquets personnalisés par l’artiste lui-même. Mieux encore, Jazeix et son associé ont mis l’accent sur le local, la couleur, l’identité et surtout la qualité.

« Captain Chips » va prochainement s’inviter sur vos tables. Et au vu des designs, vous risquez sans doute de collectionner les sachets…

IT’S RUGBY. – Comment est venue l’idée de se différencier par l’art ?
Louis-Matthieu Jazeix : Je travaille dans le vin, et qui dit vin dit apéro. Tout le monde mange des chips aujourd’hui. Cette guerre des goûts, avec des produits très chimiques, me faisait mal au cœur. J’ai un ami artiste, Bure, qui s’occupe de toute la partie artistique. Je me suis dit que ce serait incroyable de faire des paquets de chips identitaires. On habite au Pays Basque, donc l’idée de lancer des éditions sur des villes à forte notoriété touristique, avec ce côté identitaire et visuel, c’était parfait. Il m’a suivi sur le projet.

Le but était de sourcer un produit vraiment qualitatif, ce qui a pris du temps. J’ai prospecté en Espagne, en France et en Italie. C’est finalement une usine en Champagne qui a retenu mon attention. Leurs chips ont un Nutriscore A et B. Ils sont les seuls sur le marché à avoir ça, avec une DLC d’un an. Qualitativement, on aura la meilleure chips du marché, avec un vrai goût de pomme de terre et 30 % moins de matières grasses que la moyenne. On voulait mettre en avant un produit qualitatif, pas juste un beau visuel. On a trouvé ce que j’appelle un « petit » paysan. En réalité, ce sont deux frères avec 600 hectares en Champagne. Le produit sera 100 % français, ce qui était notre souhait. Cette qualité était aussi nécessaire pour être présent dans les stades de rugby. J’ai été rugbyman professionnel, ce lien me tient à cœur. Si en plus on véhicule un côté identitaire, à savoir l’histoire d’un club, d’une ville, comme une fresque lisible tout autour du paquet… C’est gagné.

Avec un si beau paquet, les gens n’oseront peut-être pas le déchirer…
C’est justement l’idée ! Allier un produit populaire, la pomme de terre, consommée par tout le monde, que l’on gagne 1 000 ou 20 000 euros par mois, avec un côté artistique fort. Bur fait des œuvres qui vont de 2 000 à 10 000 euros. Retranscrire cet art sur un produit comme la chips, c’est super malin. L’idée, même à tête reposée, ce serait d’avoir un petit corner à Biarritz avec tous les paquets en mode fresque sur un mur. Dans 2-3 ans, j’espère qu’on aura fait plusieurs paquets et voyagé un peu partout — c’est un peu l’idée de la marque. Le logo, c’est un petit avion dématérialisé sous forme de chips. On a déposé la marque et le brevet sur 27 villes européennes. L’idée, c’est vraiment de voyager, de se servir du réseau rugby qu’on a tous les deux construit, et de développer ce projet.

Vous évoquez le voyage, d’où le nom de « Captain Chips »…
Tout à fait. Captain, comme un commandant de bord qui embarque. Une petite vidéo sortira bientôt en juin : on va filmer l’arrivée des paquets en utilisant la symbolique de l’avion. J’espère que ça va faire le buzz. L’idée, c’est de rassembler des gens autour de ce projet, un peu comme le rugby, tisser du lien grâce à l’apéro. Et évidemment, si on peut se développer à l’international, on ne dira pas non.

Concrètement, quand est-ce que le projet va se lancer ?
Je viens tout juste de recevoir les paquets. Ça va me permettre d’aller voir les parties prenantes, ;es distributeurs pour qu’ils voient le produit fini. Une dégustation, ça ne se remplace pas par un accord oral. L’objectif, c’est d’être présents en rayon pour l’été, pour le rush touristique de juillet. Mi-juin, fin juin, on devrait être dans les petites épiceries, les restos, et certaines petites GMS (grandes et moyennes surfaces, NDLR), sur les paquets type Biarritz, Bayonne, Saint-Jean-de-Luz. On crée aussi un paquet plus universel « Pays Basque » qui englobera l’identité forte de la région. J’ai déjà l’accord de l’enseigne Intermarché en local.

En avez-vous goûté ?
Oui, je me suis rendu à l’usine, j’ai passé une journée complète là-bas, conduit des tracteurs, visité toute l’exploitation. La chips est épaisse, on sent un vrai goût de pomme de terre, ça croustille, il n’y a pas de miettes dans les paquets… C’est clairement une chips « premium ». On se cale sur les mêmes bases de prix que Brets ou Lay’s, à quelques centimes près. Ce ne sont pas des concurrents, on n’est pas du tout sur le même concept. Mais on s’inspire toujours des meilleurs. Un peu dans le même esprit que Michel et Augustin, qui se sont lancés sur un petit produit et l’ont développé.

Des saveurs différentes sont-elles à l’étude ?
D’abord du classique. Ensuite viendra un Captain Chips au véritable piment d’Espelette. Une version plus générique Pays Basque également, à savoir une chips ondulée au sel et au piment. Trois éditions sortiront à la truffe. Et en fin d’année, peut-être, une édition limitée à Bayonne avec une chips sucrée, en rapport avec la capitale du chocolat. On verra avec le temps.

Si des distributeurs lisent cet article et sont intéressés, on est preneurs !

Comment et quand le projet s’est-il construit ?
De l’intérieur, j’avais l’impression que ça allait à deux à l’heure. Mais en soi, ça a été très vite. Je me suis blessé fin octobre, j’ai été opéré en fin d’année dernière. J’avais ce projet en tête depuis plus d’un an. J’ai tout mis sur papier début novembre avec un ami, Sylvain Layrisse, qui tient le restaurant Le Corsaire à Biarritz et qui m’aide sur la gestion. Il prône aussi la qualité des produits, d’où le positionnement premium. La société a été créée en avril. C’est assez court finalement. Maintenant, l’enjeu c’est de réunir toutes les parties prenantes, d’avoir les bons réseaux de distribution. La chips reste le produit le plus consommé en France depuis le Covid. Si des distributeurs lisent cet article et sont intéressés, on est preneurs (sourire). On n’arrive pas en terre conquise, on veut apprendre de tout le monde. On souhaite du gagnant-gagnant !

Le fait d’appartenir à un club a-t-il aidé dans votre démarche d’entreprendre ?
J’avais pris du recul suite à ma blessure. Pendant ma carrière en Pro D2 puis Nationale, je n’avais pas eu beaucoup de blessures. Là, en deux ans, j’ai eu la main et le genou. Cela m’a mis un coup au moral. Le troisième enfant est arrivé aussi, donc j’ai pris du temps pour ça. J’ai également mon travail à côté. Je suis responsable commercial dans le vin pour tout le circuit professionnel, ce qui est très prenant. La partie chips, je la développe sur mon réseau, souvent le soir ou entre midi et deux. Le réseau rugby reste maintenu grâce à ça. Deux ou trois clubs m’ont déjà appelé. On aimerait avoir un ou deux clubs de Top 14 dès la saison prochaine.