Le couperet est tombé ce vendredi. Le conseil de discipline de l'A2R, le gendarme financier de la LNR, a refusé l'engagement de Nissa Rugby en Pro D2 pour la saison 2026-2027. Promu sur le terrain après son barrage d'accession remporté face au Stade Montois (31-26), le club maralpin est administrativement relégué avant même le coup d'envoi du championnat.
Une caution de 4,6 millions d’euros introuvable
Réuni en visioconférence, le conseil de discipline a sanctionné l’incapacité du club à réunir les garanties financières exigées pour valider son engagement : environ 4,6 millions d’euros. Face aux 2,5 millions apportés par les investisseurs, il manquait quelque 2,1 millions que la municipalité refuse de combler. En cause : le manque à gagner lié à l’absence de nouvelles tribunes au stade Marcel-Volot, dont le chantier est à l’arrêt depuis plusieurs semaines et que la Ville devait compenser.
De son côté, le maire (UDR) Éric Ciotti assure que « la Ville est allée au maximum de ce que la réglementation lui permettait d’accorder » et propose la construction, à partir de septembre 2027, d’une tribune permanente de 1 400 places d’hospitalités pour augmenter les recettes du club. Le 17 juillet, le président de la SASP Jean-Baptiste Aldigé et celui de l’association, Patrice Prévot, avaient déjà présenté leur démission.
« Une menace sans précédent » : le club annonce faire appel
Dans un communiqué publié dans la foulée de l’audience, Nissa Rugby a « pris acte » de la décision et confirmé son intention d’« interjeter appel », présenté comme la seule voie pour « donner une chance au rugby niçois de survivre ». Le club rappelle le poids humain du dossier : 850 licenciés et 120 salariés de la SAS et de l’association, auxquels s’ajoutent les bénévoles, partenaires et supporters.
La rétrogradation devrait toutefois se limiter à la Nationale, le troisième échelon national, selon les informations parues ce vendredi. Le club, lui, dramatise l’enjeu et affirme qu’en cas d’appel infructueux, il pourrait chuter jusqu’en Régionale 3, au dixième niveau du rugby français — une issue qui effacerait « plus de vingt ans d’investissements » et signerait la disparition du rugby professionnel à Nice.
Le communiqué réaffirme par ailleurs qu’il « ne peut y avoir de projet durable » sans le futur stade de 12 000 places promis par la municipalité, un projet de plus long terme. Le club salue enfin la mission confiée à Jean-Pierre Rivère, ancien président de l’OGC Nice, pour accompagner l’avenir du rugby niçois, et assure que ses actionnaires sont prêts à un « effort financier supplémentaire » jusqu’à la livraison de la future enceinte.
<!– wp:html –>
<iframe src="https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fpermalink.php%3Fstory_fbid%3Dpfbid037qoR2MrqcEhS3sb7qDEmBdhWLXWobokQWr2hWkPUgXKg4Gz17xsBqQY2ezrUAQrql%26id%3D61591820224021&show_text=true&width=500" width="500" height="690" style="border:none;overflow:hidden" scrolling="no" frameborder="0" allowfullscreen="true" allow="autoplay; clipboard-write; encrypted-media; picture-in-picture; web-share"></iframe>
<!– /wp:html –>
Le Stade Montois en embuscade
Nissa Rugby dispose de quinze jours pour faire appel une fois les attendus reçus. Il peut aussi saisir le CNOSF ou le tribunal administratif pour gagner du temps et tenter de réunir de nouvelles garanties. Sans appel, ou en cas d’appel infructueux, Mont-de-Marsan verrait sa relégation annulée. Le président landais Jean-Robert Cazeaux a indiqué cette semaine que son club préparait sa saison en Nationale, tout en se tenant prêt à revenir en Pro D2 si la relégation de Nice devenait effective et définitive.
L’antichambre du rugby pro sous tension
Ce refus illustre une nouvelle fois la fragilité financière des étages inférieurs du rugby français. La saison passée, Niort et Tarbes, pensionnaires de Nationale, avaient déposé le bilan en cours d’exercice et arrêté leur saison à cinq journées de la fin, dans la foulée des faillites de Blagnac, Hyères et Dijon en 2024.






Commentaires