Un départ se mesure d’abord à ce qu’il enlève. Le Stade Toulousain a disputé 33 595 minutes de Top 14 la saison dernière avec 56 joueurs, pour 1 080 points inscrits. Voici ce que pèsent, dans ces deux totaux, les joueurs dont l’avenir est déjà tranché et ceux dont il ne l’est pas.
Ramos, 14 % des points à lui seul
Thomas Ramos rejoindra le Racing 92 à l’issue de la saison. En Top 14 l’an dernier, l’arrière a disputé quinze matchs pour douze titularisations et 967 minutes, et inscrit 151 points.
Ces 151 points représentent 14 % du total toulousain de la saison. Le club n’est pas démuni pour autant : Romain Ntamack en a inscrit 117 sur la même période, soit un peu plus des trois quarts du total de Ramos. Les deux hommes réunis ont marqué un quart des points toulousains.
François Cros, attendu au LOU, a lui disputé neuf matchs de Top 14 pour sept titularisations, 611 minutes et 5 points. Le troisième ligne pèse dans les minutes, pas au pied.
À eux deux, 24 matchs, 19 titularisations, 1 578 minutes et 156 points, soit 14,4 % des points et 4,7 % des minutes du champion de France.
Trois dossiers ouverts, et rien de signé
Trois autres cadres sont donnés partants par la presse, sans qu’aucun mouvement ne soit officialisé à ce jour.
Selon Midi Olympique, le Stade Français a proposé un contrat de trois saisons à Emmanuel Meafou, en fin de contrat en juin 2027. Le deuxième ligne a joué treize matchs de Top 14 la saison passée, dont douze titularisations, pour 790 minutes et 20 points.
La Dépêche annonce une offre de trois ans du Castres Olympique pour Anthony Jelonch, également suivi par Clermont. Le troisième ligne totalise dix matchs, neuf titularisations, 648 minutes et 15 points.
Toujours selon Midi Olympique, l’Union Bordeaux-Bègles s’est positionnée sur David Ainu’u après avoir refermé la piste Ntuthuko Mchunu. Le pilier a disputé seize matchs, dont sept titularisations, pour 631 minutes et 5 points.
Aucun de ces trois joueurs n’a annoncé quoi que ce soit, et aucun club n’a communiqué. Ces informations restent des informations de presse.
Si les cinq partaient : 18 % des points, 11 % des minutes
Additionnés, les deux départs actés et les trois dossiers ouverts représentent 63 matchs de Top 14, 47 titularisations, 3 647 minutes et 196 points sur la saison 2025-2026.
Soit 18,1 % des points et 10,9 % des minutes d’un effectif de 56 joueurs. Une minute sur neuf et un point sur cinq et demi.
Le déséquilibre entre les deux colonnes tient à un seul homme : les trois joueurs annoncés partants pèsent plus lourd en minutes (6,2 %) que les deux départs actés (4,7 %), mais près de quatre fois moins en points (3,7 % contre 14,4 %). Sans le buteur, un départ de cadre coûte du temps de jeu, pas des points.
Une relève qui pèse déjà plus que les trentenaires
Les cinq joueurs concernés avaient en moyenne 29 ans au 1er janvier dernier : François Cros 31 ans, Thomas Ramos 30, Anthony Jelonch 29, Emmanuel Meafou 27, David Ainu’u 26.
En face, le Stade Toulousain a confié 6 105 de ses 33 595 minutes de Top 14 à des joueurs de moins de 23 ans, soit 18,2 %. Ses trentenaires en ont disputé 5 665, soit 16,9 %. Chez le champion de France, les jeunes ont joué plus que les anciens.
Dix-huit joueurs de moins de 23 ans sont entrés en jeu au cours de la saison. Sept ont dépassé les 380 minutes, quatre les 600. L’arrière Kalvin Gourgues, 20 ans, arrive largement en tête avec 1 177 minutes en dix-neuf matchs dont treize titularisations, soit plus que Ramos lui-même en championnat. Le deuxième ligne Efrain Elias, 21 ans, suit avec 986 minutes et dix titularisations. Le talonneur Thomas Lacombre, 21 ans, en compte 646.
Aux postes concernés par les départs, chacun a déjà son doublon : Gourgues à l’arrière, Elias en deuxième ligne, Mathis Castro-Ferreira, 22 ans, en troisième ligne avec 385 minutes, et le pilier Benjamin Bertrand, 22 ans, avec 396. Sept ans séparent en moyenne les partants de ces quatre-là.
Deux nuances, qui comptent. Si Gourgues a plus joué que Ramos en championnat, c’est aussi parce que l’international était en équipe de France, cinq matchs et 400 minutes sur la même période. Et la relève n’est pas restée intacte : Paul Costes, 942 minutes au centre à 22 ans, a rejoint le Racing 92 cet été.
Le bilan, en minutes et en points
D’un côté, 3 647 minutes et 196 points de Top 14 qui partent ou peuvent partir, portés par cinq joueurs de 29 ans de moyenne.
De l’autre, 6 105 minutes déjà jouées la saison dernière par des joueurs de moins de 23 ans, dont 2 944 par les quatre qui occupent exactement les postes concernés.
La perte est concentrée sur un seul secteur, le jeu au pied : Ramos représente à lui seul 77 % des points des cinq partants potentiels. Le reste, ce sont des minutes, et Toulouse en a déjà distribué davantage à ses jeunes qu’à ses trentenaires.
Ce que le club perd est donc clair. Ce qu’il y gagne l’est moins : rien ne dit qu’un effectif rajeuni joue mieux, et ces chiffres ne mesurent que le temps passé sur le terrain, pas ce qui s’y est produit.
Le plus faible pourcentage du Top 14, mais une raison de s’en méfier
Ces 16,9 % de minutes accordées aux 30 ans et plus constituent le plus faible pourcentage du championnat. L’UBB suit à 18,4 %, Bayonne à 20,8 %. À l’autre bout, Montauban a confié 46,1 % de son temps de jeu à des trentenaires, presque une minute sur deux, Toulon 37,8 % et Montpellier 35,1 %.
Ce classement demande toutefois une réserve, et elle est de taille. Les huit trentenaires toulousains ont disputé 1 860 minutes sous le maillot du XV de France sur la même période, en plus de leurs 5 665 minutes de club. Thomas Ramos en compte 640, Julien Marchand 412, François Cros 330, Dorian Aldegheri 287, Rodrigue Neti 191. Leur faible temps de jeu en championnat ne traduit donc pas seulement un choix d’entraîneur : il traduit aussi le fait qu’ils étaient ailleurs. Un club qui fournit peu d’internationaux garde ses anciens toute la saison, et son pourcentage grimpe mécaniquement.
Sur la tranche des moins de 23 ans, en revanche, Toulouse n’est que sixième : Pau devance tout le monde avec 28,9 %, devant La Rochelle (25,1 %), Toulon (19,6 %), Clermont (19,3 %) et l’UBB (19,1 %). Castres ferme la marche à 6 %.
Trois clubs seulement font jouer leurs moins de 23 ans davantage que leurs 30 ans et plus : Pau, l’UBB et le Stade Toulousain, les deux derniers étant précisément parmi les plus gros fournisseurs du XV de France. Le cœur de l’effectif toulousain reste ailleurs, chez les 26-30 ans, qui ont concentré 48,1 % du temps de jeu.
Ce n’est pas un effectif à reconstruire. C’est un effectif qui change d’étage.
Méthode
Les âges sont calculés au 1er janvier 2026, milieu de la saison. Les chiffres portent sur le seul Top 14 2025-2026, saison régulière et phases finales, à l’exclusion de la Coupe d’Europe et des sélections nationales. Sur les deux compétitions de club réunies, Thomas Ramos monte à 21 matchs, 1 447 minutes et 223 points. Un club éliminé avant les phases finales dispose mécaniquement de 31 200 minutes à répartir, contre un peu plus de 33 500 pour un finaliste : le calcul en pourcentage neutralise cet écart.






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