La première journée s'est ouverte sur une démonstration et refermée sur la défaite du quadruple champion. Entre les deux, elle a battu un record de points.

Cinquante-neuf points d’écart, du jamais vu à la reprise

L’Union Bordeaux-Bègles a battu le Racing 92 64 à 5 le samedi 5 septembre à Chaban-Delmas. Trente-huit à zéro à la pause, cinquante-neuf points d’écart au coup de sifflet final.

Depuis la création du Top 14 en 2005, aucune première journée n’avait produit un tel écart. En vingt-deux éditions précédentes, le maximum était de quarante-quatre points, lors de la victoire de Clermont sur Agen en août 2018 (67-23). Viennent ensuite La Rochelle – Clermont en 2015 (6-44) et deux écarts de trente-quatre points.

Ce n’est pas non plus le premier avertissement adressé aux Franciliens. En janvier dernier, à Chaban déjà, l’UBB s’était imposée 62-20. Deux rencontres, cent vingt-six points marqués.

Toulouse perd encore à Marcel-Deflandre

Le champion a refermé la journée dimanche 6 septembre par une défaite, 30-27 à La Rochelle. Ugo Mola avait annoncé la couleur avant le match : « J’attends qu’on soit un peu mieux que ce qu’on fait depuis cinq ans, c’est-à-dire prendre des roustes à chaque fois qu’on y va. »

Le constat tient. Depuis sa victoire du 5 septembre 2021 sur ce terrain, Toulouse s’y est incliné cinq fois de suite en championnat : 7-30, 8-29, 19-22, 10-38, et maintenant 27-30. Un seul de ces cinq revers, celui de janvier 2025, lui avait rapporté un point de bonus défensif.

Le scénario, lui, était inhabituel. La Rochelle avait ouvert le score par un essai de Charles Kante-Samba à la 14e minute, avant que Toulouse n’aligne trois essais en douze minutes, par Tommaso Menoncello pour sa première sous ce maillot, Emmanuel Meafou puis Romain Ntamack, tous transformés par Thomas Ramos. Quatorze points d’avance à la pause, 24 à 10.

Les Maritimes ont recollé par un essai de Nolann Le Garrec à la 52e minute, qu’il a lui-même transformé, puis par une pénalité du même joueur à la 55e. Antoine Hastoy a égalisé à 27 partout à la 65e, en marquant et en transformant à son tour. Georges-Henri Colombe avait été sanctionné d’un carton jaune deux minutes plus tôt.

C’est ensuite que La Rochelle a gagné le match en infériorité numérique. Son talonneur Tolu Latu, entré à la 43e, a été exclu à la 71e. Pierre Bourgarit, déjà remplacé, est revenu en première ligne à la 77e. Et c’est à quatorze contre quinze que les Maritimes ont obtenu la pénalité de la gagne, passée par Hastoy dans la dernière minute.

Le changement de buteur s’explique. Nolann Le Garrec a tenu les coups de pied jusqu’à la 55e, avant de ressentir une gêne au genou sur un plaquage passé l’heure de jeu. Antoine Hastoy a pris le relais : la transformation de son propre essai à la 65e, puis la pénalité de la victoire. Le Garrec a terminé la rencontre et attend des examens.

C’est aussi la quatrième défaite du Stade Toulousain en neuf premières journées depuis 2018. Une régularité y frappe l’œil : sur ces neuf saisons, le Stade Toulousain a toujours commencé à l’extérieur.

La reprise la plus prolifique en neuf ans

Les sept rencontres ont produit 404 points, soit 57,7 par match. C’est le total le plus élevé des neuf dernières premières journées, devant les 371 points de 2018-2019. La saison passée s’était ouverte sur 330 points, et celle de 2023-2024 sur 293.

Six des sept équipes recevantes l’ont emporté. La seule exception a été Montpellier.

Montpellier, la troisième fois de suite

Au Septeo Stadium, le finaliste de la saison passée s’est incliné 19-27 contre Pau, mené 7-17 dès la mi-temps, après avoir joué à treize pendant plusieurs minutes en début de rencontre.

Joan Caudullo avait évoqué le sujet avant la rencontre. Le MHR avait perdu sa première réception lors des deux saisons précédentes : contre le LOU en 2024 (22-26), contre Toulon en 2025 (17-27). Cela fait trois. La dernière fois qu’il avait gagné son premier match à domicile, c’était contre La Rochelle en août 2023.

Vingt points sans réponse pour l’USAP

Le multiplex du samedi a livré quatre matchs serrés et un festival.

À Jean-Bouin, le Stade Français menait 28-6 à la mi-temps et a fini par gagner 28-26. Perpignan a inscrit vingt points dans la seconde période sans que les Parisiens n’en marquent un seul. « Après, en seconde période, on joue à l’envers, on perd les pédales », a reconnu le troisième ligne Ryan Chapuis à L’Équipe.

À Jean-Dauger, Bayonne a battu Toulon 27-26. Un point, et un match commencé de la pire des manières pour les Basques : leur demi de mêlée Léo Coly, arrivé de Montpellier cet été, est sorti sur blessure après deux minutes et quarante-cinq secondes. Toulon repart avec le bonus défensif.

Au Matmut Stadium, Lyon et Clermont se sont rendu coup pour coup, 40-36, soit soixante-seize points, le match le plus prolifique de la soirée après celui de Bordeaux. Les deux Clermontois de dix-huit ans, Louis Vermeulen et Yanis Brosset, y ont connu leur première titularisation.

Castres a battu Vannes 29-20, après avoir mené 17-6 à la pause.