C'est un coup de théâtre dans le plus gros dossier judiciaire de l'histoire du rugby. Réunie mercredi et jeudi, la Haute cour de Londres a examiné la demande des instances de radier la quasi-totalité des premières plaintes déposées par d'anciens joueurs atteints de lésions cérébrales. En cause, non pas le fond du dossier, mais la gestion de leur propre avocat.
C’est un coup de théâtre dans le plus gros dossier judiciaire de l’histoire du rugby. Réunie mercredi et jeudi, la Haute cour de Londres a examiné la demande des instances de radier la quasi-totalité des premières plaintes déposées par d’anciens joueurs atteints de lésions cérébrales. En cause, non pas le fond du dossier, mais la gestion de leur propre avocat.
95 % des premiers dossiers menacés de radiation
Les avocats de World Rugby, des fédérations anglaise (RFU) et galloise (WRU), ainsi que de la Rugby Football League pour le rugby à XIII, ont demandé à la justice britannique d’écarter 337 dossiers de joueurs de XV et 153 de XIII. Soit environ 95 % des 561 premiers plaignants, parmi lesquels les champions du monde 2003 Steve Thompson, Phil Vickery et Mark Regan, ou encore les anciens internationaux gallois Gavin Henson, Ryan Jones et Colin Charvis.
Le motif est procédural : Me Richard Boardman, du cabinet Rylands Garth, n’a pas transmis dans les délais les documents relatifs aux examens neurologiques de ses clients, malgré une ordonnance du tribunal.
Le juge dédouane les joueurs, accable l’avocat
Le Senior Master Jeremy Cook a été très clair sur les responsabilités. « On ne peut, de quelque manière que ce soit, tenir un plaignant pour responsable des lacunes constatées », a déclaré le juge, qui a en revanche pointé selon BBC Sport « un échec total de M. Boardman à comprendre et traiter les critiques formulées ».
Lâché à l’unanimité par ses clients, Me Boardman a annoncé son retrait du dossier. Les anciens joueurs, qui reprochent aux instances de ne pas les avoir protégés contre les commotions répétées et leurs séquelles (démence précoce, encéphalopathie traumatique chronique), cherchent désormais une nouvelle représentation.
La décision a été mise en délibéré, sans calendrier annoncé. Rien n’est donc encore rejeté, mais la procédure, lancée en 2020, n’a jamais semblé aussi fragile.


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