Présent au Ceva Campus ce mercredi pour la reprise de l’UBB, mais toujours à l’écart du collectif, Jean-Luc du Preez a relancé la machine. Le plus dur commence pourtant maintenant : à 31 ans et après une année blanche, le troisième ligne sud-africain doit reconquérir une place dans un secteur bouché à double tour. Nos données racontent pourquoi.

Un trio de jeunes qui a tout raflé

La saison passée, la troisième ligne bordelaise a tourné autour de trois hommes, et ils sont tous dans la fleur de l’âge. Nos données le montrent sans appel.

JoueurÂgeMatchs (Top 14)Titularisations
Cameron Woki282119
Temo Matiu252015
Marko Gazzotti221812
Lachlan Swinton (parti à l’USAP)2943
Jean-Luc du Preez311*0

*du Preez : trois rencontres toutes compétitions confondues.

Woki, Matiu et Gazzotti ont trusté les feuilles de match, avec 18 à 21 apparitions chacun. Le cas Gazzotti est même l’exact opposé de celui de du Preez : à 22 ans, le troisième ligne a explosé, au point de s’inviter cet été dans le groupe du XV de France lors du Championnat des Nations. Autant dire que la hiérarchie est solidement installée.

du Preez, le renfort devenu fantôme

C’est là que le bât blesse. Arrivé en fanfare de Sale, où il alignait les matchs (16 apparitions en Premiership sur la seule saison 2023-2024), le Springbok de 31 ans n’a été qu’une ombre pour sa première saison girondine : trois rencontres, pas la moindre titularisation en Top 14, la faute à des commotions cérébrales à répétition et à une lourde blessure au genou. Du renfort de prestige au joueur invisible, la chute a été brutale.

Et maintenant, Tom Willis

Le retour de du Preez ne se fait pas dans une case vide, au contraire. Bordeaux a encore densifié le secteur en recrutant Tom Willis, numéro 8 des Saracens auteur d’une saison record en Angleterre. Malgré les départs de Swinton (USAP) et Bastien Vergnes-Taillefer (Pau) et le prêt de Bobby Bissu (Aix), la concurrence reste étouffante pour un poste de titulaire.

Le vrai pari de la saison

Voilà l’équation qui attend Jean-Luc du Preez : revenir d’une année blanche, à 31 ans, pour se frayer un chemin devant un trio jeune et performant et une recrue affamée. Sur le papier, son gabarit et son vécu de Springbok plaident pour lui. Dans les faits, nos chiffres rappellent qu’il part de très loin.

Reste une certitude : avec Woki, Matiu, Gazzotti et désormais Willis, jamais la troisième ligne bordelaise n’a été aussi fournie. Même en pleine possession de ses moyens, du Preez devra s’armer de patience.