C’est presque devenu une tradition. Chaque année, ou presque, à la même période, Tyrosse inscrit son nom au palmarès. La saison dernière, le club landais avait réalisé un doublé remarquable avec les titres de champion de France Espoirs Fédéraux et de Fédérale 1 pour son équipe première.

Cette fois, l’équipe fanion, avec les honneurs, s’est arrêtée en quart de finale de Nationale 2 face à Vienne. Mais la relève, elle, a encore répondu présent. Les Espoirs sont allés au bout, décrochant un nouveau titre de champion de France, en Espoirs Nationaux cette fois-ci. Il s’agit là du troisième titre en cinq ans.

Ancien deuxième ligne passé par Toulon, Albi, Bourgoin, Dax ou encore La Seyne, Thomas Vervoort est aujourd’hui entraîneur des avants des jeunes Tyrossais. Pour It’s Rugby, il revient sur ce nouveau sacre acquis face à une solide équipe de Marmande. Et ne cache pas sa fierté devant le parcours d’un groupe riche en talents. Entretien.

IT’S RUGBY. – Thomas, comment vous sentez-vous deux jours après le titre ? Un peu de fatigue ?
Thomas Vervoort : Oui il y a de la fatigue parce qu’on a profité de la soirée d’après-match. À 40 ans, on ne récupère pas comme eux qui en ont 20 et qui continuent encore à faire la fête (rire). Ils partent demain en voyage de fin d’année donc ils vont encore profiter ensemble quelques jours. Mais même au coup de sifflet final, on ne se rendait pas compte qu’on était champions. Après coup, c’est une grande fierté pour le club, la ville et pour les supporters. Cela montre que la formation de Tyrosse continue de progresser et de rester au premier plan.

Ce sentiment de « surprise » existe-t-il toujours » ? Vous êtes devenus habitués aux titres…
(rire) C’est ce qu’on s’est dit. On se demande presque ce qu’on va faire ensuite, parce que si on n’y est pas, on se fera taper sur les doigts. Cela fait deux titres consécutifs. Je ne sais même pas si cela avait déjà été réalisé à ce niveau avec d’autres clubs. Ce que vit le club est exceptionnel, presque unique en France. Il faut continuer à surfer sur cette dynamique.

Crédit photo : US Tyrosse Rugby.

Comment expliquer la réussite de la formation tyrossaise ?
D’abord, les joueurs aiment le club. Ceux qui arrivent s’intègrent très vite, même ceux qui ne sont pas du cru comme les anciens joueurs de Montauban Nolan Betton ou Paul-Antoine Gaudissart. Ensuite, la formation est très importante. Il y a un paquet de jeunes à l’école de rugby, avec de super bénévoles entraîneurs. Les équipes de jeunes continuent de bien se structurer pour être performantes. Il y a aussi un noyau de joueurs expérimentés qui apportent de la sécurité dans les moments clés et qui connaissent les phases finales. C’est essentiel.

Ce groupe a une grande maturité et une forte personnalité

Comment décririez-vous votre groupe en quelques mots ?
Solidarité, abnégation, courage. Et surtout, la capacité à toujours y croire. C’est notre devise d’ailleurs (notre force c’est d’y croire, NDLR). On l’a vu contre Auch, en demi-finale. A 15 minutes de la fin, on était très mal embarqué avec 10 points de retard mais on revient grâce à notre force de caractère et on passe devant. Ce groupe a une grande maturité et une forte personnalité.

On a la sensation que vous n’avez jamais vraiment été inquiétés…
Non, pas tant que ça. Ils ont très peu occupé notre camp finalement. On a corrigé certains problèmes du début de match et on a été performants en touche, ce qui les a privés de ballons. On a une force collective qui nous permet de répondre présent, et même plus que présent à certains moments.

Thomas Vervoort a célébré le titre aux côtés de sa maman, le jour de la fête des mères. Un beau symbole. Crédit photo : US Tyrosse Rugby.

C’est votre première saison en tant qu’entraîneur des avants des espoirs… Qu’avez-vous pensé avant le début de la saison ?
Mon objectif était de prendre du plaisir et que les joueurs en prennent aussi. Le groupe avait déjà une bonne structure collective. Il fallait apporter quelques ajustements, notamment sur la force mentale et la performance des avants. J’ai essayé d’amener ce que je pouvais représenter lorsque j’étais joueur. Avec Grégory Britz, qui partage les mêmes valeurs, on a voulu renforcer le caractère de l’équipe. On est montés en puissance toute la saison. Je voulais aussi que les plus jeunes, notamment ceux de 18 ans, profitent pleinement de leur première saison. Avec Alexis Nolibois (l’entraîneur des trois-quarts, NDLR), tout s’est très bien passé.

Est-ce difficile de gérer un jeune groupe lorsqu’on est entraîneur ?
Non, pas du tout. Ils ont un très bon état d’esprit et l’envie de réussir. Ils font la fête, c’est normal à leur âge. Mais quand les phases finales arrivent, ils savent se mettre au travail. Avec l’expérience du groupe, ils savent quand s’amuser et quand être sérieux. Ce sont des garçons faciles à encadrer, qui veulent réussir, que ce soit à Tyrosse ou ailleurs. Le fait de côtoyer l’équipe première les aide aussi à progresser. Les entraînements face à des joueurs de Nationale 2 les font grandir, notamment dans l’impact physique et la défense. Les jeudis lors des oppositions face à la première, il faut s’y filer deux fois plus. Cela aide.

Ces jeunes vous ont-ils surpris ?
Ils m’ont surpris par leur capacité d’adaptation et leur progression au fil de la saison. Depuis janvier, on a enchaîné les victoires, et cela a renforcé le groupe. Je savais qu’ils seraient performants, et ils l’ont été.

Avez-vous demandé à vos dirigeants d’agrandir l’armoire à trophées ?
(rire) Non, je n’ai rien demandé du tout. Même si les titres s’accumulent, on va rester humbles. On va continuer à construire et à faire au mieux pour en ramener d’autres.

Je suis tombé amoureux de ce club

Certains vont partir, des juniors vont intégrer le groupe, d’autres joueront avec la première… Comment appréhender cela ?
On va rester fidèles à l’identité tyrossaise. Les bases resteront les mêmes. Les juniors qui montent s’adapteront à notre jeu. Il y aura du turnover, certains sont hors d’âge et veulent tenter leur chance ailleurs. On ne va pas les empêcher. Notre rôle sera de continuer à former, faire progresser et performer avec les nouveaux comme avec les plus expérimentés.

Vous avez connu plusieurs clubs mais Tyrosse a une place particulière dans votre cœur
Je suis tombé amoureux de ce club. J’y ai été très bien accueilli. Aujourd’hui, être champion avec ce club qui m’a adopté est une grande fierté, pour moi et pour ma famille. En tant que joueur, j’ai terminé ma carrière comme je pouvais. Aujourd’hui, j’ai la chance d’être salarié du club. Je dois beaucoup à l’UST. Je suis fier de représenter ce club et ses valeurs. Je m’y sens très bien.