Dimanche 28 juin, au stade Aguilera de Biarritz, le Stade Bordelais a conservé sa couronne d’Élite 1 féminine en dominant l’ASM Romagnat (22-10). Un quatrième titre de rang, le premier quadruplé de l’histoire du championnat. Et un exploit que la comparaison des deux saisons rend encore plus frappant.

Une finale maîtrisée, trois essais à un

Les Lionnes n’ont jamais tremblé. Trois essais à un, voilà le résumé comptable de leur succès. Axelle Berthoumieu (29e), Morgane Bourgeois (36e) puis Oihana Tomé Belmonte (75e) ont aplati pour Bordeaux, quand Romagnat n’a répondu que par un essai transformé d’Elodie Fernandez (53e). À la pause, les Bordelaises menaient déjà 12-3.

La discipline a aussi pesé : deux cartons jaunes côté auvergnat (Salomé Perraudin à la 11e, Anaïs Grando à la 37e) contre un seul pour Bordeaux (Marie Ibanez, 59e).

Morgane Bourgeois, métronome du sacre

L’arrière formée au club a porté l’attaque bordelaise. En finale, Morgane Bourgeois a inscrit 12 des 22 points de son équipe : un essai, deux transformations et une pénalité. Un récital déjà livré une semaine plus tôt en demi-finale, où elle avait là aussi pesé 12 points. Soit 24 unités à elle seule sur les deux matchs des phases finales.

Bordeaux – Romagnat : deux saisons, un seul Brennus

Sur la durée, Romagnat avait pourtant pris le dessus. Les Auvergnates ont terminé 2es de la saison régulière, avec 16 victoires pour une seule défaite, la meilleure défense du championnat (165 points et 19 essais encaissés) et même deux succès face à Bordeaux (26-15 puis 27-20). Les Lionnes, 3es (14 victoires, 4 défaites), comptaient de leur côté la meilleure attaque en essais.

Saison régulièreStade Bordelais (3e)Romagnat (2e)
Bilan14 V – 4 D16 V – 1 D
Points marqués627 (34,8/match)590 (32,8/match)
Points encaissés273 (15,2/match)165 (9,2/match)
Essais marqués9283
Essais encaissés3319
Face-à-face0 victoire2 victoires

Toute la hiérarchie a basculé en phase finale. Après avoir renversé le Stade Toulousain, 1er de la saison régulière, en demie (27-25, essais de Berivan Mailagi, Axelle Berthoumieu et Elsa Peyras), les Bordelaises ont étouffé la première défense du pays en finale, limitant Romagnat à 10 points, lui qui en plantait 32,8 de moyenne. Sur les deux matchs couperets : 49 points marqués, 35 encaissés, six essais.

Ce qui a changé en finale

Pour s’imposer, les Lionnes ont dû sortir de leur partition habituelle. La comparaison avec leurs standards de la saison régulière est parlante.

IndicateurFinaleMoyenne saison
Premier essai29e minute13e minute
Essais inscrits35,4
Points marqués2234,8
Points encaissés1015,2
Cartons (total match)31,8

Bordeaux a marqué plus tard et moins que d’ordinaire : premier essai à la 29e minute (Berthoumieu) contre la 13e en moyenne, et trois réalisations seulement. La différence s’est faite dans l’autre sens. Romagnat, qui inscrivait 32,8 points par match, a été muselé à 10, près de six points sous la moyenne encaissée par les Bordelaises. Le tout dans un match plus haché : trois cartons jaunes, dont deux pour les Auvergnates.

Reste un dénominateur commun avec le reste de l’année : le pied de Morgane Bourgeois, auteur de 7 de ses 12 points à la botte. Moins de fulgurances, plus de maîtrise : le visage d’une équipe de phases finales.

Quatre titres, une dynastie inédite

Après 2023, 2024 et 2025, ce sacre 2026 fait du Stade Bordelais le premier club à réussir la passe de quatre dans l’histoire du championnat. Le triplé égalait déjà le Toulouse Fémina Sports, La Teste-de-Buch et le MHR. Le quadruplé, lui, n’avait jamais été atteint. Il fallait remonter à 1978 pour retrouver pareille emprise.

Et tout cela au bout d’une saison chahutée : Coupe du monde décevante, départ du manager François Ratier vers le XV de France, Tournoi disputé sans les internationales.

La fin d’une ère, pas d’un appétit

Pour la capitaine et talonneuse Agathe Gérin (30 ans), ce quatrième Brennus rime avec retraite. « Il y a un amour fou et un attachement fou dans ce club », a-t-elle confié à Sud Ouest. Morgane Bourgeois, l’arrière formée au club, voit elle déjà plus loin : « Nous, on ne s’arrêtera jamais d’aimer ça », expliquait-elle au quotidien régional. Un cinquième titre est déjà dans les têtes.