Sacha Coris aime le rugby. Au point de faire de l’arbitrage plus qu’une passion: un investissement. Âgé de 19 ans, l’étudiant en deuxième année d’école d’ingénieur en horticulture et paysagisme à Angers personnalise cet investissement mais aussi la volonté et une souriante rigueur. 

Le rugby s’est présenté à Sacha sous la  forme d’une rencontre. Forcément: dans la vie les hommes se croisent, au rugby ils se rencontrent…”J’avais 12 ans. C’est le fils d’un ami de ma mère, qui est aujourd’hui un de mes meilleurs amis, Milo. Il est venu déjeuner à la maison et il m’a parlé du rugby. Je cherchais à pratiquer un sport collectif à l’époque, j’avais déjà testé plusieurs sports mais je n’avais jamais entendu parler du rugby.”

Sacha teste ce drôle de sport à l’occasion de la dernière journée d’essai au SCO Angers Rugby. Coup de foudre: “Ça m’a plu, j’ai pris une licence U14 jusqu’à mes U18. J’aimais beaucoup courir, j’aimais beaucoup jouer à l’aile. Mais le poste qui m’a le plus plu, c’était lors de ma première saison en U16, 3eme ligne aile, c’est là que je me suis vraiment le plus éclaté!”

Alors pourquoi aller vers l’arbitrage ? “Je ne sais pas trop comment expliquer ça, mais ça m’a toujours un petit peu attiré. Je me suis tourné vers l’arbitrage à l’occasion d’une rencontre avec Aymeric COURCELLES et
Valentin HARRIBEY, qui sont arbitres fédéraux au SCO Rugby. C’est comme ça que j’ai mis le pied à l’étrier.”

Sacha enchaîne quelques bons matchs depuis quelque temps, il progresse. Mais il corrige aussitôt: “Il y a aussi des vraiment mauvais matchs, ça m’est déjà arrivé d’être vraiment à côté de la plaque!” Mais ça reste minime. “J’ai été supervisé récemment sur un match vraiment bon, je suis content, c’était en Excellence B.”

Sacha, comme ses collègues est évalué, formé, conseillé au sein  de son comité du 49. “J’ai plusieurs ambitions. A court terme, l’ambition, ce serait d’être arbitre fédéral. En Fédérale 3, ça serait chouette. Et sinon, à long terme, le but, ça va être de monter le plus haut possible.”

Avec un exemple inspirant, Hugo DUTREUILH, arbitre pro: “Il anime nos formations au sein de la  cellule des Pays de la Loire, avec d’autres arbitres fédéraux et son père, Christophe, qui anime les formations.”

Hugo DUTREUILH a commencé comme arbitre régional, il a gravi tous les échelons, année par année, et n’est pas encore arrivé à son plafond de verre ou à son seuil de Peters!

La passon du rugby est intacte chez Sacha: “J’aime beaucoup ce jeu, il faut garantir l’équité, la justesse.” L’arbitre? Pas un justicier, quelqu’un qui doit juste… 

Sacha: “Oui, le but, c’est d’être juste, ce n’est pas que siffler, c’est aussi ne pas siffler. Ça, c’est un peu ma philosophie, respecter une certaine équité et permettre aux équipes qui veulent créer du jeu de le faire.”

En fait, il applique au terrain de rugby ce qu’il apprend à faire dans futur métier: trier, être cohérent, laisser passer la lumière ou s’il le faut, couper.

Entre l’école d’ingénieur et les matchs, leur préparation, les semaines sont chargées: “Certains lundis, on a les réunions avec la ligue, Hugo DUTREUILH et Christophe avec des “cas vidéos”, vers 20h, en visioconférence. Tous les premiers mardis du mois, réunion de secteur, tous les arbitres du Maine-et-Loire en présentiel. Le mercredi, rien! J’en profite pour aller courir, faire du sport mais j’ai encore un peu de rugby universitaire, même si je tends à arrêter à cause de blessures à l’épaule. Le jeudi et le vendredi, pareil sauf que j’en profite pour appeler les deux équipes. Sinon, le vendredi soir, c’est la préparation du match. Préparer ses affaires la veille, j’ai ma liste sur mon téléphone et je coche tout et puis quand tout est bon, je décoche tout, prêt pour le lendemain.”

Puis c’est le match.  Et le dimanche soir, Sacha envoie un mail aux équipes pour obtenir la vidéo du match: “Je remplis tout ce qui va être évaluations des clubs, fiches de frais, comme ça, c’est fait! Et comme ça, on peut préparer la semaine suivante.”

Sacha a-t-il le temps de dormir un peu entre études, vie privée, activités rugbystiques? “Il faut s’organiser, mais oui!”

Le mot de la fin? Sa philosophie de l’arbitrage? Essayer d’être le moins mauvais possible? “Moi, je ne le verrais pas trop comme ça, on doit essayer d’être le meilleur possible.”