Les mauvais jeux de mots d’abord, comme ça, c’est évacué : au-dessous de la Mayenne mais la chevauchée de Laval qui rit… Trois clubs pour tout un département, c’est peu. Laval, Mayenne, Château-Gontier. Mais seulement 300 000 habitants dans ce coin tellement rural, coincé entre le Mans et Rennes, Caen et Angers, tout en verticalité. Et des passionnés par l’ovale, comme Augustin Roland, 33 ans, président-joueur de Mayenne.

Un couteau suisse à la présidence

Augustin Roland, c’est un peu le couteau suisse du club : président, éducateur, joueur à l’herbage, péroné oblige. Dix ans de présidence, commencée à 23 ans, une centaine de licenciés sous sa coupe. Un prêcheur dans le désert relatif d’un département de la Ligue des Pays de la Loire qui ne compte que trois clubs de rugby.

Sur le terrain, même combat. « J’arrive à jouer partout pour dépanner parce qu’on reste en Régionale 3 donc ça va », s’amuse l’intéressé. « Je préfère jouer devant de toute façon, même si j’ai fait tous les postes. »

Un club tous les 30 kilomètres

La Mayenne, c’est 300 000 habitants, un département ultra-rural avec une problématique de transports cruciale. En fait, il y a un club tous les 30 kilomètres. La Mayenne est pourtant l’un des départements les plus sportifs de France en proportion de sa population. Sauf que le football y est ultra-dominant.

La problématique du rugby mayennais ? Avoir une base de joueurs suffisante pour essayer de dégager quelque chose. Dès qu’un enfant veut faire du rugby ou autre chose que du foot, d’ailleurs il faut faire la route. Une problématique de territoire.

« C’est pour ça qu’on a ouvert une antenne à Gorron, à 20 kilomètres de Mayenne, parce qu’on a notre coach qui est là-bas, donc on avait quelqu’un sur place », explique Roland. Résultat : une quinzaine de licenciés en plus. De la mission, à l’ancienne.

Missionnaires, on vous dit

« C’est ce que m’a dit Hugues », confirme Roland en parlant de Hugues Meilheureux, président de la Ligue des Pays de la Loire et accessoirement celui qui l’a entraîné quand il était gamin. Dix ans à la tête du club, c’est long quand on commence à 23 piges. Mais le relais arrive : « Pas mal de jeunes qui ont été formés en école de rugby sont arrivés en senior. Ils ont la vingtaine, ils ont envie de s’investir, je suis prêt à passer la main. » Avec un accompagnement pour la première saison, et n’être jamais loin. Missionnaires, on vous dit.

Une demi-finale pour l’histoire

Cette saison, Mayenne a connu les joies d’une demi-finale de championnat de France de Régionale 3, pour une première participation. Remarquable pour un club de cette taille, présidé par celui que l’actuel président de la Ligue a entraîné dans sa jeunesse. La boucle est belle.

Une centaine de licenciés, une école de rugby, une antenne à Gorron : les graines sont semées. Dans cette terre agricole, ça va germer.