Avec de la casse à tous les niveaux joueurs, joueuses, professionnels, amateurs, coaches et des blessures tant physiques que psychologiques, sans oublier des dérives multiples (alcoolisme, dopage, violences sur et hors terrain, prise de drogue) : le rugby n’est pas hors la société. Comment est abordée la lutte contre les blessures physiques ?

Le constat : 7 % des joueurs sur le carreau chaque journée

Il y a 20 ans, chaque journée de championnat professionnel en France se soldait par 7 % de joueurs en arrêt de travail, soit plus de 48 heures d’inactivité au moins. Après chaque journée, plus de 40 joueurs étaient sur le carreau pour au moins le match d’après. Commotions, fractures, entorses, ruptures ligamentaires ou tendineuses, hématomes profonds, plaies, ophtalmologie…

Commotions cérébrales : la fin d’une fatalité

En 20 ans, des progrès majeurs ont été réalisés sous les impulsions conjuguées de la Fédération, de la Ligue et de World Rugby. Sur les commotions, la prise de conscience n’a rien eu d’anodin et encore moins d’une fatalité.

Les leviers techniques se sont multipliés : protocoles HIA (Head Injury Assessment), protège-dents connectés, médecins de matchs indépendants, sensibilisation des staffs et des joueurs. À quoi s’ajoutent des actions de masse des joueurs et l’augmentation du prix de la licence/assurance.

Et puis il y a eu les témoignages forts de joueurs pour faire passer le message : Jamie Cudmore, Shautane Ape, Steve Thompson, Sébastien Chabal.

Plaquage cathédrale, arbitrage vidéo : le rugby pro se discipline

Pour le secteur professionnel, l’arbitrage vidéo et l’augmentation des sanctions contre les contacts ont permis de sensibiliser et d’amorcer une décrue des aberrations qui ont construit, il faut le souligner, notre rugby. Exemple emblématique : l’éradication du plaquage-cathédrale.

Fractures, entorses, ruptures : la prévention au quotidien

Pour tous les niveaux, les campagnes se sont multipliées et continuent : apprentissage des bonnes techniques de plaquage (formation des éducateurs), musculation spécifique préconisée, éducation des joueurs à reconnaître les symptômes et à les signaler sans attendre. Diminution aussi du nombre des séances d’entraînement « à balles réelles ».

Sur les fractures, rien de révolutionnaire pour un sport de combat collectif avec de nombreux points de contact à engagement total, le fameux « gagner les collisions ». La réponse tient en quatre piliers : musculation, travail des attitudes au contact, matériel performant et adapté (protège-dent, épaulières, strappings), et une hygiène de vie irréprochable côté nutrition.

Même logique pour la prévention des entorses, souvent associées à des ruptures ligamentaires (chevilles et genoux principalement) : matériel adapté (souliers, crampons, revêtement des terrains), qualité des strappings, musculation spécifique.

La santé avant la performance, de l’école au Top 14

Si à l’école de rugby le jeu doit primer l’enjeu, il faut désormais développer dans toutes les catégories la primauté de la santé sur la performance.

Un rugbyman de Top 14 sait qu’il sera en arrêt de travail au moins une fois par saison. La Rochelle, Clermont ont compté plus de 30 % de l’effectif en arrêt de travail.

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