Poser un diagnostic c’est important, trouver la bonne cure, c’est essentiel. Le rugby et la santé, vaste sujet, vastes débats. Mais de quoi parle-t-on ? Et bien de la santé financière des clubs (pros, amateurs), de la santé des joueurs (commotions, traumatismes divers, dépressions…), des mœurs (alcoolisme et déviances associées, violences diverses qu’elles soient d’ordre privé ou sur les terrains). Pas question de faire le procès. Mais regarder les problèmes en face et y remédier, les prévenir, soigner, accompagner.

C’est le rôle des bons Samaritains, qu’ils soient institutionnels (aide au contrôle de gestion, praticiens, syndicats…), structurels (au sein des ligues, comités, clubs) et évidemment d’ordre privé avec les formidables bénévoles.

Opus 1/4 : les institutions de contrôle, A2R (ex-DNACG)

Quand la Ligue Nationale du Rugby a été créée par la volonté de la ministre des sports Marie-George Buffet, pas mal de clubs présents dans la liste des 24 ont disparu des radars pros, d’autres se sont brûlé les ailes, les derniers ont souffert de la métropolisation du rugby : Istres, Rumilly, Périgueux, Nice, Gaillac, Narbonne, Bourgoin-Jallieu, Saint-Étienne.

Dans les années 80, les clubs en tête de leurs poules en Groupe A et B étaient La Voulte, Béziers, Saliès, Nîmes, Romans, Limoges, Angoulême, Bergerac, le PUC…

Aujourd’hui ? Toulouse, Montpellier, Paris, Bordeaux, Lyon, Clermont…

Un gendarme financier et aussi assistant

Un gendarme financier et aussi assistant est là : l’ex-Direction Nationale Aide au Contrôle de Gestion (DNACG), devenue A2R. Son rôle : prévenir les dérives et maintenir l’équité sportive avec un contrôle très rapproché (budgets, trésorerie, masse salariale), des sanctions rapides et sportives (voir Tarbes, Niort, Dax, Grenoble sur la dernière année calendaire) avec retrait de points, rétrogradations, limitation ou interdiction de recrutement, curatelles, tutelles et surveillance en cours de saison.

L’idée ? Si un club triche ou se met en danger financièrement, cela impactera le sportif, instantanément, en cours de saison. Donc des relégations en cours de saison, des points retirés, des recrutements limités. La punition tombe, un encadrement mais aussi une aide avec des ajustements pour accompagner les clubs en difficulté entre leur budget prévisionnel et le réalisé, mais aucune pitié pour ceux qui ne sont pas transparents.

Ce que contrôle l’A2R

L’A2R (ex-DNACG) surveille les finances de tous les clubs pros (Top 14, Pro D2) et une partie du rugby fédéral.

Concrètement, elle vérifie :

  • Les budgets prévisionnels et comptes réels
  • Les dettes et les trésoreries
  • Les masses salariales (dont le salary cap)
  • La conformité juridique

Elle peut sanctionner lourdement par des retraits de points, une interdiction de recruter, un encadrement de la masse salariale, un refus de montée, une rétrogradation administrative.

Tarbes, Niort en Nationale, Bourg-en-Bresse en appel, Dax, Narbonne, Biarritz, Grenoble, Toulouse, le Stade Français peuvent témoigner de l’action du gendarme ces dernières saisons, aussi enclin à sanctionner qu’à accompagner.

L’objectif n’est pas de sanctionner mais d’éviter des dépôts de bilan en cours de saison, de garantir l’équité sportive entre les clubs et d’empêcher les dérives financières.

Plus de fermeté, surveillance augmentée, aide aux clubs fragilisés, le rôle du gendarme : éviter la casse…