Pascal Fabre, 68 ans, impliqué dans le rugby. Euphémisme ! Rencontre.

Un parcours de « dinosaure »

“Je suis un dinosaure du rugby breton”, sourit Pascal. “Côte d’Armor, Finistère, fondateur du club de Morlaix, je suis en Bretagne depuis les années 73 comme joueur et depuis je suis toujours là. Donc j’ai un parcours assez long, là.” Un menhir.

Des origines, grands-parents, arrière-grands-parents, du Sud-Ouest, mais c’est l’histoire des débuts du jeune Pascal, en mini-poussins même si à l’époque, ça n’existait pas : Rueil-Malmaison, dans le 92, au RAC (Rueil Athletic Club). 

Le baptême du feu breton

Et puis à 16 ans – la maman est bretonne – c’est le retour en Bretagne. Il n’y avait pas d’équipe de cadets : double surclassement, en senior, direct ! Pascal en sourit : “J’ai dû jouer pendant une douzaine d’années avec l’équipe du Rheu au nord-ouest de Rennes. Et puis après, j’ai fait des études pour devenir prof d’EPS.”

Le CV est loin d’être vierge : Stade Français, STAPS à Rennes, le Racing. Souvenirs : “A l’époque, 82-81, je faisais mon armée, j’étais à Couette-Quidans et je remontais pour jouer. Et puis j’ai été nommé dans le Nord au LUC (Lille Université Club). Mais j’ai fait qu’un an.”

Le genou craque, la passion reste

La suite ? Bretonne, forcément, et une nomination à Landeleau : “Là, je me suis installé et j’ai dû faire prof d’EPS pendant 12-13 ans au moins. Et puis j’avais été bien blessé quand même quand je suis parti de Lille, arrachement de tous les ligaments du genou.” Pas simple pour le 10 Fabre.

Petit à petit, il se remet à jouer, donne un coup de main au club en difficulté en Fédérale 3 : “C’était surtout pour faire revenir les copains. Parce qu’en fait moi j’ai toujours joué au rugby avec les copains. Donc ça, ça a été la boussole. Et du coup, on a sauvé un peu le club à une époque. Et puis on a encore joué jusqu’à, je ne sais pas, dans les années 90 ou 92. À la fin, je ne devais plus avancer très vite. Le terrain, j’avais l’impression qu’il était de plus en plus grand !”

Bâtisseur à Morlaix et dirigeant engagé

Et puis 2000 : “Je suis venu habiter Morlaix, il y avait le club de Landivisiau, je crois que j’ai entraîné toutes les catégories !” Et du coup ? Pascal a créé le club de Morlaix en 2000 : “Je pensais que ce serait une antenne de l’école de rugby de Landivisiau. Et puis finalement, la mayonnaise a pris à Morlaix.”

En 2008, Pascal prend la présidence du CD29 (le comité départemental du Finistère) pendant 8 ans. Puis la Ligue de Bretagne au comité directeur, il siège au bureau avec la mandature de Fabrice Quénéhervé, responsable du rugby éducatif, tout ce qui concerne les relations avec les scolaires et l’école de rugby avec l’équipe technique de Ligue.

Le combat pour les terrains

Voilà pour le CV rugby, bénévole, dirigeant, entraîneur. Reste le moteur, l’envie, la motivation d’une vie de rugby. Pascal : “Pratiquer le rugby. Un rugby où on se fait des passes. Mais quelquefois, ce n’est pas toujours compatible pour avoir les victoires décisives. Mais c’est comme ça. Il y a 2000 terrains de grands sports extérieurs en Bretagne. Il n’y a même pas 10% équipés de fourreaux de poteaux de rugby.

Un Missi Dominici ! “Donnez-nous des terrains ! Il y a quand même pas mal de terrains de foot qui sont un peu désertés. Les terrains de foot, il y en a dans tous les villages en Bretagne. Et ils ne sont pas toujours occupés. Le foot, je crois qu’ils vivent un peu sur leurs trésors. Mais nous, quelques fois, on gagne un peu de parts de marché.”

Aujourd’hui, c’est quoi le quotidien rugby de Pascal ? “On a un rôle d’éducateur qui dépasse le simple stade du jeu, un rôle social de plus en plus marqué. Je pense que c’est essentiel. L’éducation par le rugby ou par le sport, j’y crois fermement. On voit la différence entre les gens qui font du sport et ceux qui ne le font pas ou qui ne sont pas passés par ce moule. On a quand même des gens qui ont un peu de respect, une hygiène de vie.”