À 28 ans, Paul Graou s’apprête à vivre le plus beau jour de sa carrière. Nommé sur le banc pour affronter le Japon samedi à Tokyo, le demi de mêlée du Stade Toulousain devrait fêter sa première cape avec le XV de France. Un appel de dernière minute, provoqué par le forfait d’Antoine Dupont, mais une récompense qui n’a rien d’un hasard : les chiffres de sa progression parlent d’eux-mêmes.
À 28 ans, Paul Graou s’apprête à vivre le plus beau jour de sa carrière. Nommé sur le banc pour affronter le Japon samedi à Tokyo, le demi de mêlée du Stade Toulousain devrait fêter sa première cape avec le XV de France. Un appel de dernière minute, provoqué par le forfait d’Antoine Dupont, mais une récompense qui n’a rien d’un hasard : les chiffres de sa progression parlent d’eux-mêmes.
Des Pyrénées à la Garonne
Le parcours de Paul Graou est celui d’un joueur qui a tout construit par étapes. Révélé à Montauban en Pro D2, où il monte en puissance entre 2018 et 2021 (jusqu’à 20 matches lors de sa dernière saison), il franchit un cap à Agen en 2021-2022 : 25 rencontres disputées, 17 comme titulaire, 64 points inscrits. Une saison référence qui lui ouvre les portes du Stade Toulousain à l’été 2022.
L’apprentissage derrière le meilleur du monde
Arriver à Toulouse pour jouer la doublure d’Antoine Dupont : le rôle n’a rien d’évident. Pourtant, Graou s’y coule sans se brûler les ailes. Première saison à 13 matches de Top 14, puis 23 l’année suivante, puis 22 en 2024-2025. Chaque exercice, son temps de jeu grimpe. Loin de subir la concurrence du meilleur joueur du monde, le Gersois en fait un accélérateur de progression.
2025-2026, la saison de la bascule
La dernière saison est la plus aboutie. Avec 25 matches de Top 14, 19 titularisations, 8 essais et 42 points, Paul Graou signe sa campagne la plus prolifique sous le maillot rouge et noir, complétée par cinq apparitions en Champions Cup. Surtout, propulsé titulaire lors de la blessure de Dupont la saison passée, il a répondu présent dans les phases finales pour aider Toulouse à conquérir un nouveau Brennus. La doublure était devenue un cadre.
L’appel qui change une vie
C’est dans ce contexte que le téléphone a sonné. Le forfait d’Antoine Dupont pour la tournée a rebattu les cartes, et Fabien Galthié a fait appel à celui qui est aussi l’un des proches du numéro neuf toulousain. Le timing a son ironie : remplacer, en sélection, l’ami dont on fut si longtemps la doublure en club. « C’était énorme », a confié Paul Graou, se souvenant d’un lundi matin de juin encore embrumé par les célébrations du titre.
Dans les pas de son père
En obtenant sa première cape, Paul Graou suivra une trace familière : celle de son père Stéphane, ancien international. Une transmission qui donne à ce samedi une saveur particulière. Sur le banc face au Japon, le demi de mêlée n’aura besoin que de quelques minutes pour transformer une carrière de travailleur de l’ombre en international français.

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