Président occupé mais souriant, Fabrice Quénéhervé a de quoi l’être. Les locomotives bretonnes assurent, la base pousse, le nombre de licenciés grimpe pour la sixième année de suite et la pointe bretonne s’apprête à recevoir la grande famille du rugby français les 3 et 4 juillet. Entretien avec un dirigeant qui tient son cap.
Président, Vannes champion de France de Pro D2 retrouve le Top 14, très bonne nouvelle pour votre Ligue…
Quelle joie ! Et un doublé, puisque Vannes est également titré et promu en Espoirs ! Ça fait du bien, même si j’ai coutume de dire qu’il n’y a pas forcément de filiation absolument directe entre la performance de la locomotive qui évolue dans le rugby professionnel et les tendances du rugby amateur, qui touchent un public plus large comme le scolaire, le rugby éducatif, la pratique loisir, les compétitions amateures… Mais une chose est certaine, la performance aide la visibilité, notamment médiatique. Cette visibilité, et on souffrait d’un vrai déficit en Bretagne, nous permet d’alimenter le développement, donne plus d’écho aux actions de terrain qui sont absolument incroyables. Nos clubs font toujours preuve de beaucoup d’ingéniosité, d’initiative pour promouvoir et faire découvrir le rugby, mais c’était assez confidentiel. Plus ça va, moins ça l’est. Du coup, grâce à cette visibilité accrue, on est davantage attractifs. C’est la sixième année consécutive pour laquelle nos effectifs sont en hausse, c’est du jamais-vu sur les 30 dernières années !
Et du côté du nombre de clubs ?
Le nombre de clubs, à vrai dire, est hyper stable : toujours à 65 à plus ou moins deux depuis une quinzaine d’années. En fait, ça cache surtout un ancrage et une structuration qui vont en se renforçant. Des clubs qui étaient colocalisés se sont réunis pour ne faire qu’un. Je pense à Brest, à Plouhinec… En fin de compte, même si le bilan semble extrêmement stable, on continue progressivement à renforcer notre maillage et les clubs existants se densifient. Le nombre moyen de dirigeants dans l’organisation des clubs, le nombre moyen de licenciés, continuent d’aller croissant : ce sont de très, très bons indicateurs de bonne santé.
Cela valide vos axes de progression ?
Oui. On avait défini quatre grands axes : développement, perfectionnement, structuration, rayonnement. On continue pour la nouvelle Olympiade. Cette démarche porte ses fruits et, dans le champ du développement, il y a un gros accent mis sur le scolaire et l’éducatif, c’est là où tout commence. Également dans le champ de la pratique féminine, parce qu’on a un incroyable potentiel de développement. En fait, il y a une réserve folle en nombre de licenciées. La population française, c’est quasiment la parité hommes/femmes, alors que dans la pratique du rugby on est à 85 % d’hommes et 15 % de femmes. On a donc une réserve de joueuses dans les écoles de rugby, mais aussi en pratique loisirs et, de façon plus marginale, en pratique compétition. La pratique du rugby loisirs sans plaquage, le rugby à cinq, nous permet de séduire de plus en plus de pratiquantes. Un bon nombre d’entre elles s’investissent alors dans la vie de leur club et deviennent des dirigeantes.
Vannes la locomotive, mais aussi Rennes qui se maintient en Nationale… Avec un budget d’un million cinq cent mille euros, c’est la preuve que l’argent ne fait pas tout, même si ça aide énormément.
Nous avons le bonheur d’avoir trois clubs dans le Top 100 national masculin cette année, avec Vannes, Rennes mais aussi Saint-Malo ! Pour Rennes, qui réalise un superbe parcours cette saison et porte un projet de fond, on souffre des infrastructures. Même si ça suscite de la frustration et de l’impatience de la part du club, « Rome ne s’est pas faite en un jour »… Il y a une vraie perspective d’amélioration avec la rénovation du stade du Commandant-Bougouin, dont le projet avance. Quand le club bénéficiera d’un tel outil, le REC mais aussi le Stade Rennais rugby auront de nouveaux moyens, davantage de visibilité. Les clubs ont besoin d’augmenter la jauge, d’améliorer la qualité du réceptif et la valorisation de leurs partenaires. C’est donc extrêmement positif de voir le REC s’ancrer en Nationale tout en ayant une visibilité sur ce futur outil, le stade, et puis l’environnement qui va aller en s’améliorant. Indépendamment des locomotives, derrière, ça pousse en effet, et c’est un constat très généralisable. Je ne me souviens pas avoir vu 100 % des clubs bretons sélectionnés en championnat de France franchir le premier tour, ce qui était le cas cette année. Et le week-end dernier, on avait encore six équipes en lice, et Le Rheu est passé à un point, dans le temps additionnel, de monter en Fédérale 1…
Président, il y a le congrès de la FFR qui approche, à Brest…
Oui, c’est une grande satisfaction d’accueillir le congrès de la fédération début juillet à Brest. C’est un petit peu de travail aussi, mais on veut faire les choses bien. Ce n’est pas anodin que la fédération vienne tenir son congrès et réunisse la famille du rugby à la pointe bretonne. On entend en faire un événement de promotion au service du rugby régional. Nous avons des actions en préparation. On va s’appuyer sur nos très bons indicateurs : sixième année consécutive de croissance ; quand on cumule les effectifs joueurs et dirigeants, on a franchi la barre des 14 000 licenciés, une augmentation globale de 1,6 %. Le simple fait qu’on soit toujours sur une tendance à la croissance, sans avoir subi le reflux habituel des années qui suivent une Coupe du monde, c’est très bien. Et la très bonne surprise, c’est que les deux départements qui tractent vraiment cette croissance sont principalement les Côtes-d’Armor, où il y a un gros, gros travail de redynamisation effectué, et l’Ille-et-Vilaine. À l’échelle régionale, on a gagné 7,4 % de dirigeants supplémentaires, 170 personnes réparties dans les clubs des quatre départements de la Ligue. Une fois encore, le cap est tenu et on continue d’avancer !

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