Le feuilleton de l'été du rugby français se jouera en visioconférence. Convoqué vendredi 7 août à 9h30 devant la commission fédérale d'appel de la FFR, Nissa Rugby saura dans la journée s'il évoluera en Pro D2, gagnée sur le terrain, ou en Fédérale, où l'a renvoyé le gendarme financier. Récit d'un dossier où le sportif ne pèse plus grand-chose face aux garanties bancaires.

Une montée validée sur le pré, retoquée sur le papier

Sur le terrain, Nice avait fait le travail : selon nos données, 21 victoires en 29 matchs la saison passée en Nationale, couronnées d »un barrage d »accession remporté 31 à 26 face à Mont-de-Marsan le 31 mai. Mais le 24 juillet, l »Autorité de régulation (A2R, ex-DNACG) a refusé l »engagement du club en Pro D2, faute de garanties suffisantes sur le budget 2026-2027. La sanction est lourde : rétrogradation en compétition fédérale, retrait de cinq points au classement du championnat disputé et 40 000 euros d »amende. Le club a fait appel des deux décisions le 31 juillet.

Le compte n »y est toujours pas

L »A2R exige environ 4,6 millions d »euros de garanties. Le président démissionnaire Jean-Baptiste Aldigé s »est engagé à hauteur de 2,5 millions via sa société Sport Inside Europe, actionnaire majoritaire. Restent environ 2 millions, que la mairie devait initialement compléter. Or Éric Ciotti a fixé sa limite au micro d »Ici Azur : « Nous sommes allés jusqu »au maximum de l »effort que nous pouvons consentir. Nous sommes prêts à engager 3,5 millions d »euros pour le Nissa Rugby. » Le maire de Nice, qui rappelle les 10 millions promis pour une tribune de 1 400 places d »ici septembre 2027, réclame en retour « un effort à faire sur certains salaires démesurés dans le club ».

Un week-end pour inverser la tendance

La médiation confiée à Jean-Pierre Rivère, ancien président de l »OGC Nice peu familier de l »économie du rugby, a peu avancé. C »est finalement le contact direct entre Éric Ciotti et Louis-Vincent Gave, actionnaire majoritaire, qui a rouvert la porte. Dimanche, l »édile s »est voulu rassurant sur X : « Je me réjouis du caractère extrêmement positif de nos échanges qui laissent espérer une issue favorable pour notre club de rugby et pour notre ville. »

« Aujourd »hui, nous avons peur »

En attendant, les joueurs vivent dans l »incertitude, comme ils l »ont écrit dans leur communiqué du 30 juillet : « Peur que, dans quelques jours, tout s »arrête. Peur de devoir annoncer à nos familles que nous devons partir, parfois en urgence, parfois sans savoir où nous jouerons demain. » Le verdict pourrait tomber dès vendredi. Selon Nice-Matin, en cas d »échec, le club ne saisira pas le CNOSF : la FFR et la LNR veulent un dossier bouclé au 15 août. Pro D2 ou Fédérale, il n »y aura pas de troisième voie.