Elle l'a annoncé elle-même sur ses réseaux, et le club l'a relayé : Amandine Buchard portera les couleurs de l'AC Bobigny 93 la saison prochaine. À 31 ans, la médaillée olympique de judo poursuit son double projet en vue des Jeux de Los Angeles, mais elle change de club et, surtout, de division.

Treize matchs, dix titularisations : une première saison qui compte

Engagée depuis octobre 2024 dans ce pari, Amandine Buchard avait rejoint le Stade Français parce que le club omnisports pouvait accueillir ses deux disciplines. Sous le maillot des Pink Rockets, la section féminine parisienne, son bilan 2025-2026 en Élite 2 ne ressemble pas à une figuration : treize matchs, dont dix comme titulaire, 915 minutes de jeu et quatre essais.

Soit un peu plus de 70 minutes de moyenne par rencontre. Et une polyvalence rare pour une joueuse venue d’un autre sport : elle a porté cinq numéros différents en ligne arrière, du 9 au 15. Ses essais sont tombés contre l’USAP, Bayonne (un doublé) et Rennes. Le Stade Français, lui, a terminé sixième des dix équipes d’Élite 2.

Bobigny, un étage au-dessus, pas le haut du tableau

Le changement de division est réel : le Stade Français évolue en Élite 2, Bobigny en Élite 1, premier niveau du rugby féminin français.

Reste à mesurer ce qu’elle rejoint. Bobigny a fini sixième sur dix la saison passée, avec sept victoires, un nul, dix défaites et une différence de points de -172 (245 marqués, 417 encaissés). Romagnat, le Stade Toulousain et le Stade Bordelais ont terminé à 79, 76 et 70 points, contre 33 pour le club francilien. Buchard monte donc d’un niveau, dans une équipe qui vise le maintien plus que la finale.

« Fière de rejoindre l’AC Bobigny 93 et impatiente de relever ce nouveau défi aux côtés de l’équipe », a écrit la joueuse en annonçant sa signature.

Premier rendez-vous le 25 octobre à Toulon

Son entrée en Élite 1 est datée : le dimanche 25 octobre à Toulon, contre Toulon Provence Méditerranée, pour la première journée de la saison 2026-2027. Un adversaire à sa portée, neuvième sur dix l’an passé avec 580 points encaissés.

La saison régulière s’achèvera le 6 juin. Le championnat réunira Blagnac, Bobigny, Grenoble Amazones, La Rochelle, le LOU, Montpellier, Romagnat, le Stade Bordelais, le Stade Toulousain et Toulon Provence Méditerranée. La Rochelle, championne d’Élite 2, remplace Lille, dernier la saison dernière.

Ce que le rugby lui a déjà coûté en judo

Le pari a un prix, et la facture est tombée cet été. Le 7 juillet, France Judo a officialisé que Buchard ne disputerait pas les Championnats du monde de Bakou, programmés du 4 au 11 octobre : elle n’avait pas suivi les stages de préparation obligatoires, qu’elle avait choisi de consacrer au rugby.

« Nous avons pris la décision collective de ne pas la retenir pour ces Mondiaux. Le double projet est valorisé, mais il impose des choix difficiles », a expliqué Frédérique Jossinet, directrice générale de la fédération. La France n’alignera donc aucune judokate en -52 kg à Bakou, Blandine Pont étant désignée réserviste.

Le renoncement se mesure au palmarès. À 31 ans, Buchard est médaillée d’argent olympique à Tokyo en 2021 et de bronze à Paris en 2024 en -52 kg, double championne olympique par équipes mixtes, cinq fois médaillée de bronze aux Championnats du monde et double championne d’Europe. En avril, elle décrochait encore l’argent continental.

L’obstacle qui reste

L’objectif n’a pas bougé : une qualification olympique dans les deux disciplines à Los Angeles en 2028. Mais à ce jour, Amandine Buchard n’a jamais été retenue en équipe de France de rugby à sept. Entre un championnat de club, fût-il d’Élite 1, et la sélection nationale à sept, c’est là que se situe le vrai saut, avec le plaquage comme principal chantier technique.