Le rugby à 7 ne pardonne rien, et le corps des athlètes encore moins. Pour Stephen Parez, l’après-titre olympique de 2024 ressemble à un véritable marathon médical. Entre deux séances de rééducation, le capitaine des Bleus revient sur l’enchaînement de ses blessures et sa détermination intacte à retrouver les pelouses.

« Je suis dans l’acceptation »

Stephen Parez , comment vas-tu ? Écoute, ça va, j’essaye de trouver du positif et de la lumière dans l’ombre. Mais je commence un peu à accepter le fait de retourner sur le billard et de repartir sur un autre protocole de récupération post-opératoire et réathlétisation, etc. Donc voilà, je suis dans l’acceptation de tout ce qui m’arrive et j’ai surtout très hâte de retrouver l’équipe le plus vite possible.

La réalité de la traumatologie au Seven

Il y a deux choses : la traumatologie et la pubalgie, on sait que ça touche tous les sportifs. Par contre, désinsertion, rupture de tendons… Que s’est-il passé ? On n’en parle pas souvent, mais ce sont des blessures qui sont assez communes au rugby, vu qu’on est très raide du haut du corps. Généralement, quand on a une grosse extension au niveau du bras, notamment souvent sur des plaquages, on va chercher notre bras vraiment derrière, presque derrière notre dos avec la vitesse de l’adversaire… C’est souvent le tendon du grand pectoral qui lâche. C’est assez violent, je me l’étais fait il y a quatre ans déjà. Là, je plaque, je tombe sur le talon de mon adversaire au niveau de l’aisselle et je sens que j’ai le tendon qui lâche. C’est quelque chose que l’on n’opère pas forcément quand on n’est pas sportif professionnel… On peut vivre avec, pas de souci, mais j’aurais perdu 60 % de ma force pectorale. Sur les deux ans de carrière qui me restent, ce n’est quand même pas négligeable, surtout avec l’objectif olympique 2028 qui arrive.

L’improbable blessure du quotidien

Le protocole ? Le calendrier ? Je me suis fait opérer pour le tendon du pectoral il y a cinq semaines. C’est en essayant de décharger des courses de mon caddie au supermarché que je me suis fait le biceps ! J’ai essayé de faire en sorte de préserver le tendon du pectoral, j’ai utilisé mon biceps et à ce moment-là, je me suis désinséré le tendon du biceps… Rebelote… C’est dans la même zone. C’était un micro-ondes un peu lourd. Je pense que je n’avais pas forcément trop sollicité mon biceps depuis plus de deux mois, il a été un peu surchargé d’un coup et il a lâché. Trois semaines d’immobilisation, trois semaines encore pour qu’il y ait une cicatrisation, que le tendon accroche l’os.

Tu vis à Marseille, tu t’es fait opérer à Paris ? Comme je t’ai dit, quatre ans auparavant, je m’étais fait opérer à Paris, question de confiance.

Le mental face à la rechute

Tu t’es posé des questions ? Je continue ? J’arrête ? Dans les sports de haut niveau, notre corps est sujet à de l’extrême, que ce soit dans les compétitions ou aux entraînements. Parfois on sait qu’on le pousse vraiment au bout du bout et on sait que parfois il lâche. Ça fait partie du jeu. De temps en temps, il y a de grosses opérations. Oui, il y a des questionnements, le fait d’être très déçu aussi de repasser à la case départ à chaque fois, de refaire tout depuis zéro. C’est assez compliqué, mentalement c’est une grosse charge. Il y a une phase d’acceptation de la blessure.

Quand vas-tu reprendre la compétition ? À la fin du Seven Series. Je ne pourrai pas être présent à cette fin-là. L’idée serait de faire le championnat d’Europe en juillet. Je repars pour la saison pré-olympique, qualificative