Après quinze saisons au plus haut niveau et trois cents feuilles de match, le deuxième ligne du RC Vannes Fabrice Metz tire sa révérence. Du centre de formation du Racing à la Rabine en passant par Oyonnax et la Section Paloise, le colosse alsacien a tout traversé : les titres espoirs, les barrages couperets, les saisons galères, la naissance de ses enfants en Béarn. À l’heure de basculer définitivement sur son entreprise de bois de chauffage, il revient pour itsrugby sur un parcours bâti à la cogne. Sans regret, sans aigreur, avec gratitude.
« Je ne suis pas triste parce que c’est fini, je suis tellement heureux de l’avoir vécu. » Ça s’applique à vous ?
Oui, je suis très très fier du parcours fait parce que je suis parti de mon Alsace natale, je n’avais pas forcément le niveau qu’on attendait mais c’est Alain Gazon qui m’a téléphoné pour me dire « je pense que tu as un gros potentiel, est-ce que ça te dit de venir au centre de formation du Racing ? » À partir du moment où mes parents étaient venus avec moi pour visiter les installations, trouver le lycée qu’il fallait pour continuer mon diplôme de menuisier ébéniste, une fois qu’il y avait toutes ces cases de cochées, mes parents m’ont dit « c’est toi qui décides, si tu veux y aller, tu y vas et par contre on ne veut pas t’entendre regretter ton choix. » J’ai un petit peu réfléchi, j’ai pris mes affaires et je suis parti.
Le Racing, votre naissance au haut niveau ?
Le Racing m’a formé en tant que rugbyman professionnel, mais aussi en tant qu’homme par rapport à toutes les bonnes choses que j’ai vécues. Ça m’a permis de me construire, de me forger. Plus combattant et savoir exactement où je voulais aller. J’y ai passé de très bonnes années avec Patrice Collazo, on a beaucoup travaillé ensemble, il a beaucoup cru en moi, on est devenu champion de France espoir avec Patrice et ensuite j’ai connu en 2011 ma première feuille avec l’équipe pro. Je n’ai envie que de retenir le positif du Racing. J’y ai passé de très belles années. Dès que j’ai annoncé que j’allais arrêter, j’ai de suite envoyé un message à Patrice Collazo et à Jacky Lorenzetti pour les remercier de tout ce qu’ils avaient fait pour moi parce que si je suis là aujourd’hui, c’est beaucoup grâce à eux.

En fait, vous êtes passé par beaucoup de clubs extrêmes : Racing, Paris, extrême. Oyonnax, extrême. Pau, extrême. Et Vannes…
Je ne sais pas si je suis un joueur extrême, mais quand je suis parti du Racing pour aller à Oyonnax, je suis parti dans un projet où je m’étais dit qu’il fallait me faire mal à la tête pour pouvoir réussir, il fallait que je rebondisse. Mon temps de jeu avait diminué de plus en plus, quitte à partir, autant rejoindre Olivier Azam qui m’avait dit qu’il me voulait, il avait la même philosophie que Patrice Collazo, ça a été un choix payant. Ça a relancé ma carrière. C’est un choix que je ne regrette pas, j’ai passé du bon temps à Oyonnax malgré la descente du club. J’ai vraiment aimé cette région et ce club.
Et puis huit saisons à la Section Paloise…
Je crois que c’était en 2019, il fallait absolument gagner avec le bonus pour ne pas descendre en Pro D2, j’aurais connu ce type de match. J’aurais aussi connu des beaux jours de la Section, des jours un peu moins glorieux, mais des jours qui ont été importants dans la construction du club et je pense avoir laissé une bonne trace là-bas, donc merci de m’avoir fait confiance aussi longtemps. Je ne peux pas le nier, je suis reparti de là-bas avec deux naissances ! Le Béarn…

Jean-Noël Spitzer, votre coach à Vannes, avait expliqué que votre signature, c’était pour la transmission et la culture des matchs clés…
Ce sont de très jolis mots à mon égard, il y a deux ans. Mon rôle, aujourd’hui, c’est de transmettre. Je vais les citer, comme Karim Ghezal, Antoine Battut, François Van der Merwe, tous les anciens du Racing, Julien Brugnault, ils m’ont beaucoup aidé au tout début. Je pense que nous, les anciens, on a ce rôle, devoir transmettre. Guider un petit peu les jeunes pour les mettre sur le bon rail. J’essaye de redonner ça sur ma fin de carrière.
Est-ce que tu sais nager ? Un petit mot sur les Bretons ?
Ça travaille dur, ça ne parle pas beaucoup, c’est humble. Ce sont des gros, gros bosseurs, des personnes fidèles. J’avais déjà un maître de stage quand j’étais au centre de formation au Racing qui venait de Bretagne, il était un peu comme moi, bosseur, taiseux et finalement je suis arrivé en Bretagne et il a été le premier à m’écrire en me disant « tu verras, tu vas retrouver les mêmes valeurs que tu as connues en Alsace ». Il ne s’est pas trompé. C’est une région, un département, toute une ville extraordinaire. Merci pour leur accueil. C’est juste extraordinaire.
La suite ? Le bois ?
Je suis passionné par le bois, par les machines, la suite logique c’était de pouvoir construire une entreprise qui me corresponde. En mars 2016, ça fait 10 ans, j’en suis très fier, je mène ces deux activités. En Alsace, avec mon frère Olivier, et dans le Sud-Ouest avec Jean-Jacques Charvoz. Bois de chauffage. Le feu continue.

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