Trois jours après, Narbonne est toujours en fête. Joint au téléphone, l’arrière Boris Goutard ne s’en cache pas. Il a pris le temps de retracer le sacre narbonnais face à Nice, synonyme d’accession en Pro D2. Heureux, le Béarnais revient sur cette finale accrochée et raconte les festivités. Entretien.
IT’S RUGBY. – Es-tu redescendu de ton nuage ou toujours ? La fête continue ?
Boris Goutard : Un mélange des deux ! On commence à réaliser ce qui nous est arrivé mais on est toujours dans l’euphorie. C’est trop bien, on profite, on se régale. Ces moments-là sont incroyables. C’est pour ça qu’on joue au rugby.
Quel a été le programme des festivités ?
On fait le tour des bars, tranquillement. On va remercier les gens qui nous ont supportés toute la saison, les partenaires, ceux avec qui on avait des habitudes, que ce soit pour boire un café ou une bière. On a aussi eu le droit à un bain de foule hier avec la mairie, c’était super. On voit un peu tout le monde et on profite de chaque instant. Et ensuite, on va organiser un voyage à Ibiza entre les joueurs. On est en train de tout programmer, histoire de marquer le coup.
Comment va le bouclier ?
(rires) Pour être honnête, on est au Makila, un restaurant de viande à Narbonne. Le bouclier trône là comme une assiette, comme un plateau. On ne le lâche pas, on fait les cons avec. On l’a cassé, mais quelqu’un nous l’a gentiment réparé donc on va dire que la connerie est annulée. Mais non, on ne le quitte pas.

Après une demi-finale éprouvante face à Albi puis une finale intense face à Nice, comment te sens-tu physiquement ? As-tu récupéré ?
Non, vraiment pas. Je ne vais pas te mentir, les corps sont un peu meurtris. Personnellement, je suis dans un état lamentable, que ce soit physiquement ou mentalement (rire). Mais avec l’euphorie de tout ça, on n’y pense pas trop. On profite. Il y aura bien assez de temps pour se reposer et se replonger dans le quotidien.
On ne s'attendait pas à prendre un tel orage pendant autant de temps
Comment as-tu vécu cette rencontre face à Nice ? Avec notamment une domination totale des Niçois en première période ?
Pas très bien à vrai dire. Pas parce que je n’y croyais pas, attention. Mais forcément, quand tu es dominé de cette façon, il faut voir la réalité en face. On a été pris dans tous les compartiments du jeu, que ce soit dans les rucks ou dans la dimension physique. On avait conscience de ça. On en avait parlé, de la fraîcheur qu’ils auraient peut-être plus que nous. Nous, on sortait d’une demi-finale éprouvante avec des tirs au but. On savait qu’ils allaient s’appuyer sur cette fraîcheur et cette puissance physique. On savait que les 20 premières minutes allaient être compliquées, mais on ne s’attendait pas à prendre un tel orage pendant autant de temps. On était dans le dur. Mais c’est ce qui nous a forgés. On s’est dit que si nous-mêmes on n’y croyait pas, on n’allait pas y arriver. À un moment, il a fallu lever les têtes et y aller, parce qu’on en était largement capables.
En seconde période, as-tu senti que vous étiez en train de reprendre le dessus ?
Oui, franchement, je le ressentais. J’ai été remplacé un peu après la 65e minute car j’étais cuit. Mais que ce soit émotionnellement ou physiquement, tu sens quand tu commences à prendre le dessus sur ton adversaire. J’ai passé mon temps à haranguer les mecs parce que je sentais qu’il y avait vraiment quelque chose à faire. C’est peut-être pour ça, aussi, que je me suis fatigué plus vite. Et ça n’a pas loupé. Au final, on a fait basculer le match. C’est dur à expliquer, voire impossible. Il faut le vivre pour le comprendre. Mais on y a cru, et ça nous a souri.
J'avais l'impression de jouer ce match à Narbonne. Tout un peuple était derrière nous, que ce soit devant la télé ou dans les tribunes. Et en rentrant à Narbonne, toute la ville était là
Au coup de sifflet final, que s’est-il passé dans ta tête ?
C’est propre à chacun. Il y a des mecs qui réagissent différemment. Moi, j’ai tout lâché. Je ne suis pas quelqu’un de très émotif, mais là, c’était trop. Peut-être aussi parce que j’étais stressé sur le bord du terrain après ma sortie. Beaucoup de mecs ont pleuré. C’est naturel après une telle joie. Là, ça fait trois ou quatre jours qu’on enchaîne les bringues et on ne réalise pas forcément tout. Mais quand on regarde les vidéos qui circulent, on se souvient de tout ça. C’est monstrueux. Sur le terrain, tu embrasses des mecs que tu n’as jamais vus. Tout le monde se congratule. C’est une grosse communion avec le public. J’avais l’impression de jouer ce match à Narbonne. Tout un peuple était derrière nous, que ce soit devant la télé ou dans les tribunes. Et en rentrant sur Narbonne, toute la ville était là. Tu fais des bisous à des mecs que tu ne connais même pas, mais tu es tellement content que tu as l’impression de les avoir toujours connus.
As-tu une petite anecdote de fête à nous raconter ?
Il y en a beaucoup, mais je ne peux pas tout dire. Ça reste entre nous. Si ça peut rassurer, on a fait ce qu’il fallait (rire).
Il y a un flou autour de ton futur. Sais-tu où tu évolueras la saison prochaine ?
Je n’en sais rien, je n’ai aucune idée de ma situation. Actuellement, je n’ai pas de contrat à Narbonne. J’ai eu des contacts récemment, mais rien de très concret. Ce n’est pas le moment d’y penser. Que ce soit à Narbonne ou ailleurs, on verra bien ce que le futur me réservera.
Penses-tu ramener le bouclier sur tes terres ?
On s’est fait la réflexion. On est environ 50, donc il faudrait établir un calendrier et que chacun garde le bouclier deux jours maximum. C’est compliqué, mais ça serait vraiment cool de rentrer au pays et de le montrer, que ce soit à l’école de rugby où j’ai commencé ou à mes proches.

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2 éme montée en pro d2 pour Boris avec Narbonne 4 ans aprés la 1ère.