Victor Wembanyama a passé quatre jours en immersion à Provence Rugby, du lundi 10 au jeudi 13 août. Le pivot des San Antonio Spurs, 2,24 m, voulait découvrir le rugby avant de rejoindre l’équipe de France de basket.

Quatre jours dans le quotidien d’un club de Pro D2

Il s’est entraîné avec le groupe professionnel lors de deux séances, lundi 10 et mercredi 12 août, au centre d’entraînement du club. Plaquages sur boudins sans contact en un contre un, jeu au pied, chandelles, maniement de ballon, prises d’informations, plus de la musculation dans les installations aixoises. Midi Olympique, qui a révélé sa présence, rapporte que quelques lancers de touche ont aussi été réservés à ses 2,24 m.

Le joueur des San Antonio Spurs n’était pas seul. Harrison Barnes, son coéquipier en NBA et champion olympique 2016, l’accompagnait, avec son staff, son préparateur physique et ses proches. Le séjour se préparait depuis environ un mois. Wembanyama avait annoncé au printemps sur ESPN son envie de s’essayer au rugby, estimant que certains schémas de déplacement étaient transposables au basket. Ce n’était d’ailleurs pas son premier contact avec l’ovalie : il s’était déjà entraîné au centre de formation du CA Brive pendant sa convalescence.

Jeudi soir, il a assisté depuis les tribunes de Maurice-David au premier match de préparation de Provence Rugby, une victoire 42-19 contre Nissa Rugby, après être passé par les vestiaires pour la causerie.

Ça doit faire bizarre d’avoir sur son terrain d’entraînement un sportif qui ferait passer votre ancien coéquipier Olivier Roumat pour un petit gabarit.

(Rires) C’était étonnant, un mec de 2m24, 110 kg. C’était très, très bien pour mes joueurs, pour les échanges, ils ont pu voir un jeune super champion comme lui, avec une maturité déjà très affirmée. Wemby voulait sortir de ses zones de confort, se mettre un peu en danger, découvrir la pratique du rugby. C’est donc Jules Plisson qui est devenu l’entraîneur de technique individuelle et du développement du joueur. Il lui avait concocté deux bonnes séances. Il était venu aussi avec Harrison Barnes, champion olympique qui joue avec lui. Étonnant d’agilité, d’adresse, de coordination, d’application. On lui avait mis à disposition notre centre d’entraînement, il a pu travailler avec ses coachs, faire de la musculation, de la préparation en vue de l’équipe de France. Ils avaient une salle de basket aussi pour eux, pour travailler leur sport de base. On a été scotchés par sa maturité, son humilité, tout ce qu’il dégage autour de lui, sans oublier son entourage, que ce soit sa sœur, toute sa garde rapprochée et son staff, la préparation physique. Ça a été un bon moment, un bel échange avec un grand champion français qui n’a que 22 ans, mais qui est d’une soif d’apprendre et d’un professionnalisme assez exceptionnels.

Il voulait sortir de sa zone de confort. On l’a déjà vu au football, il est passé par Brive pour le rugby, il joue aux échecs, il a toujours un livre à portée de main. Pour un staff qui voit arriver un athlète comme celui-là, ça oblige aussi à sortir de la sienne.

On avait beaucoup échangé avec le préparateur physique, un gars qui avait fait la préparation physique du rugby à Oloron-Sainte-Marie ! Wemby voulait découvrir les sensations de plaquer, de se relever, donc on a mis des choses en place avec des boudins, sans contact en un contre un, bien sûr. L’idée était qu’il ne se blesse pas. Il y a eu du jeu au pied, des chandelles, de la prise d’informations, des jeux de mains, du maniement de ballon, de l’adresse. Là, tu vois que le mec est à l’aise, qu’il est adroit, très concentré, appliqué. Mais oui, c’est vrai, c’était aussi un beau challenge pour nous.

Comment s’est passée son arrivée, les premières heures ?

Au départ, on l’a laissé tranquille, il s’est adapté, il a voulu venir les voir lors du match amical. Il était là pour le speech avant le match, dans les vestiaires. Il était aussi avec les joueurs lors de la rentrée sur le terrain. C’était bien pour mes joueurs d’échanger avec lui sur son vécu, sur ce qu’il vit avec 82 ou 83 matchs par saison ! C’est quand même assez impressionnant. C’était une belle rencontre, il a hypnotisé tout le monde. On ne voulait pas faire trop de selfies, on ne voulait pas trop l’embêter. Mais à la fin, on avait 60 maillots de basket à son nom, achetés par les joueurs et le staff, et gentiment il a fait une dédicace pour chacun. C’est là que tu vois aussi la générosité et l’humilité du mec.

Et maintenant ?

Les deux camps ont repris leur route dès le dimanche. Wembanyama a rejoint le rassemblement des Bleus à Orléans le 16 août avec le brassard de capitaine, et six jours après avoir plaqué des boudins à Aix, il retrouvait Nikola Jokic. Sa reprise s’est soldée par une défaite 90-87 à Belgrade jeudi, pour son premier match en équipe de France depuis les Jeux de Paris : 10 points, 1 sur 6 à trois points, le plus gros temps de jeu des Bleus et le ballon de l’égalisation dans les mains sur la dernière possession. Le match retour contre la Serbie a lieu ce dimanche 23 août à Orléans, avant les éliminatoires de la Coupe du monde 2027 contre la Slovénie le 27 août à l’Accor Arena, puis en Suède le 30.

Provence Rugby, lui, ouvre sa saison de Pro D2 le 28 août à Maurice-David contre Agen.