La voix est posée, le ton ferme, l’accent intact. À des milliers de kilomètres de la France, Vincent Moscato ne fuit ni la réalité ni ses responsabilités. Bloqué à Dubaï en raison du conflit qui embrase le Moyen-Orient, l’ancien international français vit dans l’attente, comme des milliers d’autres voyageurs coincés dans un carrefour aérien devenu zone d’incertitude.

Depuis plusieurs jours, la guerre a bouleversé la région. Les frappes et les représailles ont entraîné la fermeture ou la désorganisation de nombreux vols, laissant des passagers sans solution immédiate. À Dubaï, certains témoignages évoquent des explosions entendues à distance et des voyageurs confinés dans leurs hôtels, suspendus aux décisions militaires et diplomatiques.

Dans ce contexte tendu, Moscato a choisi de prendre la parole dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Sans détour, sans mise en scène. « Ce matin, on a entendu quelques déflagrations. Ce matin, ça tapé fort, décrit-il, dans un jargon rugbystique, fidèle à lui-même. On ne sait pas quand on va rentrer. On ne demande rien au gouvernement. On est là, on va s’en sortir, on va rentrer tranquille. On ne peut pas se plaindre, par respect pour les peuples Libanais et Iraniens » (qui essuient les bombes).

Lucidité rugueuse

Aucune plainte, aucun appel à la dramatisation. Seulement une forme de lucidité rugueuse, presque familière pour ceux qui ont connu le talonneur combatif des grandes années. À l’image d’un vestiaire sous pression, Moscato privilégie le calme et la solidarité.

Mais son message contient aussi un coup de gueule. Car depuis Dubaï, il observe le traitement médiatique et numérique de la situation, et refuse toute récupération. « Pour tous les « chiasseux », les influenceurs qui veulent faire du drama, quelle bande de pompes, vous nous faites honte, honte à la France !« 

« Pour tous les « chiasseux », les influenceurs qui veulent faire du drama, quelle bande de pompes, vous nous faites honte, honte à la France !« 

La phrase claque avec la même intensité qu’un choc en mêlée. Pour Moscato, la guerre n’est ni un spectacle ni un levier d’audience. Elle impose retenue et dignité. Une ligne de conduite héritée du rugby, où l’on apprend que les situations les plus dures se traversent en silence, sans posture inutile. « Ils n’ont pas dormi de la nuit ? Mais ils nous « caguent, on s’en fout de leur gueule !, a-t-il ajouté, frontal. Va vendre tes dentifrices ou tes merdes. »

Sur place, la vie oscille entre normalité et tension latente. Les infrastructures tiennent, mais l’incertitude domine. Comme beaucoup, Moscato attend une réouverture durable des liaisons aériennes pour rentrer en France. Moscato encore : « On va rentrer sans rien demander à personne, sans le gouvernement. » Avant de conclure, fidèle à lui-même : « On vous embrasse, bande de trompettes.«