La malédiction continue, mais elle n’a jamais semblé aussi fragile. Privé de ses finalistes du Top 14, le XV de France s’est incliné d’un souffle face à la Nouvelle-Zélande (34-32), samedi à Christchurch, en ouverture du premier Championnat des Nations de l’histoire. Les Bleus, toujours sans victoire sur le sol néo-zélandais depuis 2009, repartent avec un double bonus, offensif et défensif.

Penaud lance les Bleus, Love passe entre les gouttes

Le retour de Damian Penaud n’aura pas tardé à peser. Sur le premier lancement de jeu, servi dans l’espace par Matthieu Jalibert, l’ailier a marqué après deux minutes (7-0). Dans la foulée, le match a connu son premier tournant : un plaquage haut de Ruben Love sur Max Spring, épaule contre tête, sorti pour protocole commotion. L’arbitre anglais Luke Pearce a jugé le plaquage initial de Peter Lakai suffisant pour atténuer la sanction : simple carton jaune pour l’ouvreur néo-zélandais, qui allait ensuite peser de tout son poids sur la rencontre.

Un premier acte haletant

Les All Blacks ont répondu par Will Jordan (8e), puis Peter Lakai après un festival de passes (21e). Maxime Lucu a maintenu les siens devant au pied (13-12, 30e), avant dix dernières minutes à sens unique : privés de ballon, les Français ont cédé sur un essai de Cam Roigard à la sirène (19-13 à la pause).

Roigard et Jordan font la différence

Au retour des vestiaires, la réaction tricolore a été immédiate : sur une superbe passe de Théo Attissogbe, Antoine Hastoy a redonné l’avantage aux Bleus (20-19, 48e). Mais dès l’action suivante, les plaquages manqués se sont payés cash et Cam Roigard a filé signer son doublé (26-20, 51e). Will Jordan y est lui aussi allé de son deuxième essai, tandis que côté français, Théo Attissogbe puis Matthieu Jalibert ont maintenu l’espoir jusqu’au bout. Accrocheurs, les Bleus sont revenus à deux points, sans parvenir à renverser des All Blacks plus réalistes dans les moments clés (34-32).

Au final : cinq essais néo-zélandais (Jordan et Roigard en doublé, Lakai) contre quatre français (Penaud, Hastoy, Attissogbe, Jalibert), et un double bonus, offensif et défensif, dans la besace tricolore.

Des All Blacks victorieux, mais pas rassurés

Pour la première de Dave Rennie sur le banc néo-zélandais, le résultat est là, pas la manière. La presse anglophone ne s’y est pas trompée, évoquant des All Blacks « poussés dans leurs retranchements » par une équipe de France « diminuée mais intrépide ». Car en face, les Bleus se présentaient sans le moindre joueur de Toulouse ni de Montpellier, les deux finalistes du Top 14, et avec une ossature bordelaise largement remaniée. Voir cette équipe-là inscrire quatre essais et passer à deux points de l’exploit à Christchurch en dit long sur la marge de progression des uns… et les interrogations des autres.

L’inquiétude Bochaton, le rendez-vous australien

Seule ombre supplémentaire au tableau : la sortie sur commotion présumée de Pierre Bochaton dès la première période, remplacé par Mickaël Guillard. Toujours sans victoire en Nouvelle-Zélande depuis 2009, les hommes de Fabien Galthié ont malgré tout lancé leur Championnat des Nations avec les honneurs. Prochain rendez-vous : l’Australie, samedi 11 juillet à Brisbane, avec le renfort attendu des finalistes du Top 14.