Bordeaux-Bègles 57 – Castres 32

À Chaban-Delmas, Bordeaux-Bègles a transformé le rugby en exercice de vitesse. Castres a tenté d’imposer sa discipline, son rythme lent et ses pièges familiers, mais l’UBB a refusé la négociation. Chaque ballon semblait porteur d’une promesse, chaque intervalle une invitation. Castres a répondu avec courage, mais la marée girondine était trop haute. Une victoire offensive, presque insolente, qui rappelle que Bordeaux ne veut plus seulement séduire le Top 14 il veut régner dessus. Un score fleuve pour un match spectaculaire à 13 essais.

La Rochelle 33 – Montpellier 43

Deflandre n’est plus tout à fait cette forteresse imprenable, et Montpellier a fait tomber la façade. Plus tranchants, plus constants, les Héraultais ont avancé avec méthode, profitant des hésitations rochelaises comme un cambrioleur patient. Les coéquipiers de Grégory Alldritt ont tenté de s’accrocher à leurs certitudes, mais le doute s’est glissé dans les détails. Le MHR, lui, repart avec une victoire pleine de maturité, de celles qui comptent double, et conforte sa place dans le top 6.

Bayonne 36 – Racing 92 41

À Jean-Dauger, ce fut un western. Bayonne a attaqué sans calcul, le Racing a répondu sans reculer, et le score a galopé comme un cheval sans cavalier. Les Basques ont cru tenir leur exploit, comme si souvent à la maison, mais les Franciliens ont cette capacité rare à surgir quand tout semble perdu. Un dernier coup de rein, une inspiration de plus, et le Racing s’échappe. Bayonne tombe encore à Jean-Dauger, après le revers contre Castres, et entrevoit la lueur d’une crise, dont pourrait pâtir Grégory Patat.

Lyon 73 – Montauban 12

Il y a des victoires, et puis il y a des tempêtes. Lyon a tout emporté. Montauban, courageux, comme très souvent, mais dépassé, a assisté à une démonstration totale : puissance, vitesse, précision. Le LOU a joué comme une équipe (enfin) libérée, presque joyeuse dans sa domination. Ce genre de match où tout réussit, où même les rebonds semblent complices. Où Waniqolo en a planté 3 en moins de 8 min, établissant un nouveau record pour le championnat. La petit musique revient, mais les joueurs de Sapiac n’ont pas démérité. Il sont simplement tombé sur plus fort. Beaucoup plus fort.

Toulon 14 – Clermont 34

À Mayol, Clermont a rappelé que le rugby reste une affaire de caractère, et que les Auvergnats en ont dans les tripes. Toulon a essayé de contenir, de ralentir, de survivre même, tans les Varois ont paru à côté de leurs pompes. Mais, pour une fois cette saison, et de manière marquée, l’ASM a imposé son tempo, sa précision, sa lucidité. Sans éclat excessif, mais avec une maîtrise implacable. Toulon a résisté comme il a pu, mais Clermont avait décidé de ne rien céder. Une victoire pleine de sérieux, et peut-être de promesses. Du côté de Pierre Mignoni, on se demande en revanche de quoi demain sera fait, laissant planer un sérieux doute sur la continuité de sa mission à la tête du RCT.

Stade Français 9 – Toulouse 13

Ce ne fut ni beau, ni spectaculaire, mais terriblement révélateur. Toulouse a gagné à l’économie, comme un vieux briscard qui connaît trop bien les pièges. Paris a tenté de bousculer l’ordre établi, sans jamais trouver la faille. Peu d’espaces, beaucoup de tension, et au final, la victoire du réalisme. Toulouse n’a pas brillé, mais confirme qu’il est bien la patron, même quand il s’agit de gagner « moche ». Et c’est peut-être plus inquiétant encore pour les autres.

Perpignan – Pau (reporté / décalé)