Derrière la performance, il y a des hommes. Le Rapport Moral 2025/2026 de la LNR consacre un chapitre entier à la santé des joueurs, présentée comme une « priorité absolue ». Santé mentale, prise en charge des commotions, suivi médical unifié : la Ligue avance sur plusieurs fronts. Décryptage des dispositifs engagés cette saison.

Un plan santé mentale à 1 M€ sur quatre ans

Issu du Plan stratégique 2023-2027, le plan « Santé mentale » de la LNR représente un investissement d’1 M€ sur quatre ans. Construit avec la Commission médicale de la LNR, la FFR et les syndicats Provale, Tech XV et l’UCPR, il s’articule autour de trois piliers : la prévention, la détection et la prise en charge personnalisée.

Ses six actions ont déjà permis de sensibiliser plus de 1 500 joueurs en deux ans. Le dispositif prévoit la généralisation, à compter de la saison 2026/2027, de bilans psychologiques de pré-saison fondés sur le questionnaire SMHAT-1 du Comité international olympique. Il s’appuie aussi sur une ligne téléphonique dédiée, garantissant une aide immédiate et confidentielle, et sur une mini-série, « Têtes hautes », tournée dans plusieurs clubs de Top 14 pour incarner le sujet.

Santé Rugby, le dossier médical unifié

Mise en œuvre depuis l’automne 2025, la solution numérique Santé Rugby pour Dossier Santé Joueur (DSJ) vise à centraliser et sécuriser le suivi médical des joueurs professionnels. Elle est actuellement déployée en test dans quatre clubs pilotes : le Racing 92, le Stade Toulousain, le CA Brive et le Stade Montois.

Présentée comme un outil « souverain, sécurisé et interopérable », cette plateforme doit renforcer la prévention et améliorer la coordination des soins sur l’ensemble du parcours du joueur. Son déploiement à tous les clubs professionnels est prévu à compter de l’automne 2026.

Une filière dédiée aux commotions

Sujet sensible s’il en est, la prise en charge des commotions cérébrales franchit une nouvelle étape. En 2025/2026, la FFR et la LNR ont lancé une filière dédiée aux joueurs et anciens joueurs multi-commotionnés, susceptibles d’être exposés à des conséquences neurologiques à long terme.

Engagé début 2025 sur la base des travaux du neurochirurgien référent FFR/LNR, ce projet structure un parcours complet : identification des joueurs concernés, examens standardisés et validés scientifiquement, collège d’experts pluridisciplinaires chargé d’établir un diagnostic, puis définition d’un protocole de prise en charge et de suivi. L’enjeu, à terme, dépasse la carrière sportive.

Accompagner l’après-carrière

La santé s’inscrit enfin dans une logique plus large d’accompagnement. Le nouveau modèle d’évaluation de la politique de formation intègre désormais la préparation de l’après-carrière, aux côtés de la préformation et du centre de formation. Une manière de rappeler que protéger un joueur, c’est aussi préparer sa vie une fois les crampons raccrochés.