Sacré champion de Nationale au printemps, Nissa Rugby devait savourer son retour parmi les professionnels. Un mois avant le coup d'envoi, le club azuréen se retrouve plutôt à batailler pour son existence même en Pro D2. La démission surprise de ses deux présidents a précipité une crise institutionnelle et financière dont l'issue se jouera, en partie, ce vendredi.

Une convocation en urgence devant l’A2R

Tout s’est emballé avec le retrait, coup sur coup, de Jean-Baptiste Aldigé, président de la SASP, et de Patrice Prévot, à la tête de l’association. En claquant la porte, le duo a révélé au grand jour le désaccord financier qui l’opposait à la mairie de Nice, fraîchement renouvelée.

La réaction du gendarme financier n’a pas tardé. Dès le lundi 21 juillet, l’A2R, l’ex-DNACG, a envoyé une convocation officielle : Nissa Rugby passera devant son conseil de discipline ce vendredi 24 juillet au matin. En jeu, ni plus ni moins qu’une possible interdiction d’engagement en Pro D2, à un mois d’une reprise programmée le 27 août face à Biarritz.

Deux versions qui s’opposent

Sur l’état réel du dossier, les sources divergent nettement. Selon Nice-Matin, la communication serait rompue entre le club et la Ville, alors qu’il manquerait environ 2,5 millions d’euros dans les caisses, sur les 10 millions budgétés pour la saison. Les anciens dirigeants, eux, attendraient un geste des collectivités.

Le tableau est moins sombre du côté de Midi Olympique. Selon le journal, le départ d’Aldigé n’a pas gelé les discussions, bien au contraire : les échanges entre les différentes parties auraient rapidement repris pour tenter de sauver le projet. Reste que le point de blocage demeure le même, celui des garanties financières exigées par l’A2R et la Commission de contrôle des championnats professionnels, sur fond d’infrastructures encore inachevées.

Mont-de-Marsan, l’adversaire malheureux, en embuscade

Un club suit le dossier de très près. Battu par Nice lors du barrage d’accession (31-26, le 31 mai), le Stade Montois est le candidat naturel à un repêchage. Selon Rugbyrama, les dirigeants landais ont d’ailleurs déjà pris contact avec la Ligue pour connaître les modalités et le calendrier d’une éventuelle réintégration, si le promu niçois venait à être empêché de disputer le championnat.

Sur le terrain, le staff garde le cap

Au milieu de la tempête administrative, le versant sportif tente d’avancer. Joint par It’s Rugby pendant ses vacances, l’entraîneur de la défense Jamie Cudmore avait balayé le volet politique pour se recentrer sur son métier. « C’est le travail des présidents. Pour moi, je n’ai rien à ajouter, franchement, tout ça ne m’appartient pas, ne me regarde pas. Nous, on se concentre sur le côté sportif », nous confiait le Canadien. À propos du président démissionnaire, il ajoutait : « Lui, il fait son taff, très, très bien d’ailleurs, et nous on va essayer de faire la même chose de notre côté. » Le staff repart d’ailleurs en stage ces jours-ci, capitaine Thibaud Rey en tête, bien décidé à préparer la saison comme si de rien n’était. Une sérénité que le verdict de vendredi pourrait rudement mettre à l’épreuve.