Le rugby rêvait de son grand tournoi planétaire à l'image du football. Il devra sans doute patienter. Prévue pour juin 2028, la Coupe du monde des clubs portée par l'EPCR serait déjà sur la sellette, un report à 2029 prenant de l'épaisseur. Derrière l'ambition, deux obstacles bien connus : le temps et l'argent.
Un lancement 2028 déjà compromis
Le projet avait tout du séduisant. Réunir seize équipes, huit issues de la Champions Cup et huit venues du Super Rugby et du championnat japonais, pour couronner enfin le meilleur club de la planète au terme d’un tournoi d’un mois, disputé tous les quatre ans. Une déclaration d’intention posée pour 2028.
Mais selon The Times et City AM, relayés côté français, le paysage a trop changé depuis. « Le projet semble suspendu pendant au moins un an à la suite d’une réunion des décideurs de l’EPCR tenue cette semaine », écrit le quotidien londonien. La première édition dès 2028 paraît désormais exclue.
Un calendrier international devenu ingérable
Le premier caillou dans la chaussure, c’est l’agenda. Depuis l’annonce du projet, le rugby international s’est doté d’une nouvelle compétition majeure, le Championnat des Nations, lancé par le Comité des Six Nations et la SANZAAR. De quoi congestionner un peu plus une saison déjà pleine.
Or, caler quatre week-ends supplémentaires en juin sans faire exploser les championnats nationaux relève du casse-tête. Pour tenir la fenêtre, des ligues comme le Top 14 devraient avancer leur calendrier et disputer leur finale dès le mois de mai. Une hypothèse qui suscite de vives réserves.
L’argent, l’autre gros dossier
Reste la question qui fâche : la viabilité financière. Si sponsors et diffuseurs soutiennent l’idée, les coûts des déplacements intercontinentaux et de l’organisation d’un tel événement pèsent lourd. Enthousiaste en 2025, le directeur général de l’EPCR Jacques Raynaud lançait : « Qui ne voudrait pas découvrir qui est le meilleur club du monde ? » Il posait déjà, dans le même temps, la nécessité d’un modèle économique solide. C’est précisément ce qui manque encore.
Un plan B au rabais ?
Si l’édition 2029, envisagée juste avant la tournée des Lions en Nouvelle-Zélande, ne voyait pas le jour non plus, une solution de repli circule déjà. Elle prendrait la forme d’un tournoi réduit réunissant les seuls champions du Top 14, de l’URC, du Super Rugby et de la Premiership. De quoi sauver l’idée d’un titre mondial, mais à échelle nettement plus modeste. Preuve que, du rêve à la réalité, le rugby de clubs cherche encore sa formule.


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