Mirco Bergamasco : « Le mental, c’est le quatrième pilier de la performance »
C’est un CV sur LinkedIn qui déclenche un coup de fil à Mirco Bergamasco, 43 ans, champion de France avec le Stade Français (2004, 2007), 89 sélections avec l’Italie, reconverti entraîneur (Aubenas, Angoulême, Nantes, Limoges) puis camionneur. Mais il revient à l’ovale, préparation mentale en tête.
Mirco, vous êtes de retour ?
J’étais toujours là ! Je ne suis jamais parti. En fait, l’année dernière, j’ai terminé à Limoges. Ça fait sept ans que je suis entraîneur, c’est mon milieu professionnel, j’ai besoin de ça, j’ai besoin d’un cadre, j’ai besoin de quelque chose de concret et du coup cette année je n’ai pas trouvé le projet que je souhaitais. Du coup, j’ai développé tout ce qui est la préparation mentale que j’avais commencé en DU il y a quelques années à Clermont. Préparation mentale. Je voulais des « skills » en plus pour être un meilleur entraîneur, mieux comprendre, mieux communiquer, avoir des outils en plus pour pouvoir manager, gérer mon équipe. Et du coup cette année comme j’ai pas trouvé, du coup je m’y suis encore plus jeté là-dedans parce que j’ai envie de continuer à développer la partie préparation mentale qui fait partie d’aujourd’hui la performance.
Vous avez eu une formidable carrière de joueur que ce soit en club ou avec la squadra Azzurra, une belle carrière d’entraîneur à Angoulême, Limoges. Aujourd’hui, Mirco Bergamasco, il recherche quoi ?
Je cherche des opportunités, des entretiens juste pour discuter, parler, montrer mes compétences mais au haut niveau, Top 14, Pro D2, Nationale. Je sens que ce milieu c’est mon milieu ! Je l’ai vécu en tant que joueur, je l’ai vécu deux ans en Pro D2 en tant qu’entraîneur et ce cadre-là me correspond. Je sais ce que je peux tout donner, je peux beaucoup donner parce que je suis un bosseur, parce que je recherche, j’ai mes idées et je veux allier celles-ci avec les exigences du rugby d’aujourd’hui, avec les joueurs d’aujourd’hui qui ne sont pas ceux que moi j’ai connus quand je jouais. Il faut toujours faire sa mise à jour pour être performant et ça, c’est génial. J’ai eu des contacts avec des équipes de Fédérale qui m’ont appelé en tant que potentiel directeur sportif. Mais aujourd’hui j’ai envie de vivre le terrain, pas la partie administrative, j’ai envie d’avoir le contact direct avec les athlètes. J’ai besoin de défi mais le rugby, aujourd’hui, c’est aussi la préparation mentale.
On imagine que votre intervention concerne plus qu’une simple équipe première professionnelle ?
On peut parler de transversalité parce qu’effectivement il y a l’effectif équipe première, 35 à 48 joueurs, mais aussi toute la pyramide d’un club depuis les U18, les espoirs etc… C’est tout ça qui t’intéresse : l’idée de porter le projet pas seulement sur la « première », mais aussi le développer chez les jeunes. J’ai envie de m’inscrire dans un projet pro avec des jeunes de 17 ou 18 ans et les séniors, un projet concret autour d’une équipe première. C’est passionnant. J’ai le DU, le DE, le DES, c’est-à-dire que j’ai la formation française de A à Z.
Aujourd’hui, la performance repose sur trois ou quatre piliers ?
Quatre piliers : la technique, la tactique, le physique et le mental. Aujourd’hui on commence seulement à entraîner le mental. C’est encore un peu tabou à l’intérieur du rugby. Mais les sports individuels, les sports olympiques, y consacrent beaucoup de place. Et c’est fou de constater qu’aujourd’hui il y a encore des entraîneurs qui n’y croient pas. Il faut que les gens le comprennent et que les clubs aussi comprennent ça. Moi, Mirco, préparateur mental, je ne vais pas parler de technique avec le joueur ni tactique, ni physique. Non, mental : qu’il soit autonome sur ce qu’il doit faire. Dès qu’il sera autonome, il n’aura plus besoin de moi.
En conclusion, vous avez réellement été chauffeur routier ?
On va dire que les deux ans que j’ai passé à Limoges, ce n’était pas vraiment la joie… Je me faisais chier comme on dit, j’avais besoin de quelque chose de différent. Ma passion, ce sont les camions, depuis tout petit. Et j’ai eu cette opportunité de faire pour un ami, Grégory, du convoyage de camions. J’ai passé le permis de conduire poids lourds et pendant cinq mois j’ai fait des convoyages ! Je me suis amusé comme un gamin et pourtant ce n’est pas facile. Quand tu conduis un camion, c’est pareil que sur un terrain de rugby, il faut regarder plus loin pour comprendre s’il y a des obstacles, s’il y a des dangers et donc essayer d’anticiper ce qui va se passer.

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