Nommé en avril pour succéder à Joe Schmidt, Les Kiss fera ses débuts de sélectionneur de l’Australie samedi lors d’un test au Japon. L’ancien entraîneur des Queensland Reds a dévoilé jeudi sa première composition. Le rendez-vous a des airs de galop d’essai, mais l’histoire récente entre les deux équipes invite à s’en méfier.

Un premier test qui n’a rien d’anodin

Sur le papier, un déplacement au Japon en août ressemble à une entrée en matière confortable. Les résultats récents disent le contraire.

DateRencontreScore
25/10/2025Japon – Australie15-19
26/10/2024Japon – Nouvelle-Zélande19-64
01/11/2025Afrique du Sud – Japon61-7

Quatre points. C’est tout ce qui séparait les deux équipes en octobre dernier à l’issue de leur dernière confrontation. Le même Japon a encaissé soixante-quatre points contre la Nouvelle-Zélande et soixante et un contre l’Afrique du Sud sur la même période.

Autrement dit, le Japon n’est pas devenu une grande nation entre-temps, mais il pose aux Wallabies un problème que les deux autres puissances du Sud ne rencontrent pas. C’est précisément le genre de match où un sélectionneur qui débute peut perdre du crédit en quatre-vingts minutes.

Le successeur de Joe Schmidt

Les Kiss arrive avec un profil de technicien de club. Ancien international de rugby à XIII, il a dirigé les Queensland Reds jusqu’au terme de son contrat avant de prendre les Wallabies, une transition organisée de longue date : Joe Schmidt avait initialement prévu de partir en octobre dernier et a prolongé pour laisser à son successeur le temps de finir son mandat en Super Rugby. Les deux hommes se connaissent, Kiss ayant fait partie du staff de Schmidt en équipe d’Irlande entre 2013 et 2015.

Son premier groupe dit déjà quelque chose de sa méthode : un seul joueur non capé, le rappel du polyvalent Lukhan Salakaia-Loto, et l’absence du vétéran James Slipper. Continuité plutôt que rupture, avec un ajustement ciblé.

La série compte deux tests, et elle est aller-retour : le 8 août au stade Hanazono de Higashi-Osaka, puis le 15 août à Townsville, dans le Queensland. Ce sera la première venue du Japon sur le sol australien depuis la Coupe du monde 1987. De quoi laisser au staff le temps d’essayer, mais aussi deux occasions de se tromper.

Quatorze mois, et pas un de plus

C’est le vrai sujet. La Coupe du monde se dispute en Australie, du 1er octobre au 13 novembre 2027. Un sélectionneur nommé en avril 2026 dispose donc d’environ dix-huit mois pour installer un projet, trouver une charnière, stabiliser un pack et gérer une pression qui ne fera qu’augmenter à mesure que l’échéance approche.

À domicile, un Mondial ne pardonne pas les cycles inachevés. Les Wallabies l’ont appris en 2003, finalistes chez eux, et le rugby australien n’a plus atteint ce niveau depuis.

Dernier détail, et pas le moindre : en face, le Japon est dirigé par Eddie Jones, qui fut sélectionneur des Wallabies de 2001 à 2005 et les mena en finale de Coupe du monde à domicile. Pour son premier match, Les Kiss affronte donc l’homme qui a réussi ce que l’Australie lui demande de refaire.

Le compte à rebours commence samedi, à Higashi-Osaka.