Six essais à deux, un bonus offensif et une place de leader : dans la moiteur de Tokyo, le XV de France a fait parler sa puissance pour dominer le Japon (42-15), lors de la 3e journée du Championnat des Nations 2026. Portés par un Matthieu Jalibert étincelant, les hommes de Fabien Galthié ont plié la rencontre avant la pause.
Un pack qui pose sa loi
Les Bleus n’ont pas voulu traîner. Dès la 2e minute, sur une première offensive conclue par une pénaltouche, le talonneur Maxime Lamothe est allé aplatir en force (0-7). L’entame était idéale.
Le Japon d’Eddie Jones, toujours aussi accrocheur, a pourtant remis la main sur le ballon. Une pénalité de l’arrière Takuro Matsunaga (10e), puis un essai de l’ailier Kippei Ishida sur une mauvaise sortie de camp française, ont même envoyé les Brave Blossoms devant (8-7, 15e). Le sursaut sera sans lendemain. Dominateur sur les mauls et dans les phases de conservation, le huit de devant tricolore a repris la main pour ne plus la lâcher.
Le tournant Hockings, le récital Jalibert
Sur une longue séquence de domination, le demi de mêlée Maxime Lucu a trouvé Romain Ntamack, dont la passe a lancé Jalibert le long de la ligne (19e). Dans la foulée, le deuxième ligne japonais Harry Hockings a écopé d’un carton jaune pour avoir écroulé le maul.
En infériorité, le Japon a sombré. Alexandre Roumat, pour son retour en sélection (23e), puis Lucu lui-même (30e) ont porté la marque à 28-8 avant la pause, malgré un essai du pilier Sojiro Otsuka (35e). Les Bleus viraient en tête avec 20 points d’avance.
Les cadres au rendez-vous
Auteur d’un doublé, Jalibert a survolé les débats : 89 mètres gagnés, 14 courses et 10 défenseurs battus. L’arrière du XV de France a été de tous les bons coups.
À la baguette, Lucu a mêlé gestion et efficacité, avec un essai, cinq transformations sur six et 52 passes distribuées. En face, le Japon a pu s’appuyer sur le demi de mêlée Naoto Saito (94 passes) et sur l’infatigable troisième ligne Ben Gunter (20 plaquages), sans jamais peser assez pour inquiéter la défense française.
Deux alertes en première période
Tout n’a pas été parfait pour les Bleus. Dès la 6e minute, Lenni Nouchi et Florian Verhaeghe ont quitté le terrain pour un protocole commotion, laissant leur place à Killian Tixeront et Hugo Auradou.
Le troisième ligne montpelliérain est revenu à la 17e pour livrer l’un de ses meilleurs matchs en Bleu. Le deuxième ligne de l’Union Bordeaux-Bègles, gêné dès l’entame, a lui définitivement cédé sa place à la pause. Une alerte à surveiller avant les échéances de novembre.
Une seconde période maîtrisée
Au retour des vestiaires, le scénario n’a pas changé. Jalibert (42e) puis Lamothe (50e), tous deux déjà auteurs d’un doublé, ont fait grimper l’addition à 42-15.
Réduite à quatorze à deux reprises après les cartons jaunes de Jalibert (57e) et du troisième ligne Marko Gazzotti (76e), la France a levé le pied dans le dernier acte. Entré à la 67e, le demi de mêlée toulousain Paul Graou a honoré sa première sélection au milieu d’un banc largement mis à contribution.
La tête de la poule Nord
Avec le bonus offensif, ce succès vaut plus qu’un simple gain de prestige. Le même jour, l’Irlande s’est lourdement inclinée à l’Eden Park face à la Nouvelle-Zélande (40-21), sans le moindre point de bonus.
La France, elle aussi battue par les All Blacks en ouverture mais créditée de deux points de bonus, termine donc la phase aller en tête du groupe hémisphère Nord, deux longueurs devant le XV du Trèfle. Les deux nations se retrouveront en novembre pour les matchs retour, face aux mêmes adversaires : l’Afrique du Sud, l’Argentine et les Fidji.


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