C’est une crise institutionnelle comme le rugby mondial en a rarement connu. Mercredi, le gouvernement samoan a officiellement retiré sa reconnaissance et son soutien aux Lakapi Samoa, la fédération nationale de rugby. La réponse de World Rugby ne s’est pas fait attendre : sans annulation de la mesure sous 24 heures, les sélections samoanes seront suspendues de toute compétition internationale pendant quatre ans. Avec, en ligne de mire, la Coupe du monde 2027 en Australie.
Pourquoi les Samoa risquent une suspension de quatre ans
Le bras de fer couvait depuis des mois. Après de longues consultations, le Premier ministre La’aulialemalietoa Leuatea Schmidt a acté le retrait total du soutien gouvernemental aux Lakapi Samoa, estimant que la fédération avait eu « suffisamment de temps » pour régler ses problèmes internes. En cause : des divisions persistantes au sein de la direction, des inquiétudes sur la gestion financière et des griefs remontés par d’anciens joueurs et entraîneurs.
L’exécutif samoan était même allé plus loin ces derniers mois, en agitant la menace de créer une fédération rivale pour administrer le rugby local si le conseil d’administration ne démissionnait pas. Une ingérence gouvernementale directe dans les affaires d’une fédération membre, précisément ce que les règlements de World Rugby interdisent.
Cette crise de gouvernance intervient dans un contexte sportif déjà morose : la sélection masculine, longtemps épouvantail des nations du Pacifique, n’occupe plus que la 20e place du classement World Rugby.
L’ultimatum de World Rugby : 24 heures pour sauver le Mondial 2027
Face à cette décision, l’instance internationale a dégainé l’arme lourde. World Rugby a donné 24 heures au gouvernement samoan pour annuler le retrait de reconnaissance et accepter un audit indépendant des Lakapi Samoa. Faute d’accord, la sanction sera immédiate : quatre ans de suspension de toute compétition internationale, pour toutes les sélections samoanes.
La conséquence la plus spectaculaire concernerait la Coupe du monde 2027 (du 1er octobre au 13 novembre en Australie), dont les Samoa seraient purement et simplement exclues. Dans la poule E, la France, le Japon et les États-Unis perdraient alors un adversaire, et le XV de France l’un des duels les plus rares du calendrier international.
La Belgique en embuscade pour un repêchage historique
Si le scénario du pire venait à se confirmer, tous les regards se tourneraient vers la Belgique. Finalistes malheureux du tournoi de repêchage disputé à Dubaï l’automne dernier, les Diables Noirs avaient bouclé la compétition invaincus, avec des victoires contre la Namibie et le Brésil puis un nul renversant (13-13) contre les Samoa lors du match décisif, avant d’être privés de qualification au bénéfice du bonus offensif.
Une exclusion des Samoa ouvrirait mécaniquement la porte du Mondial australien aux Belges, qui n’ont jamais disputé une phase finale de Coupe du monde. Prudence toutefois : aucune officialisation n’est intervenue à ce stade, et le repêchage de la Belgique reste conditionné à la décision finale de World Rugby, attendue dans les prochaines heures. D’ici là, l’avenir international du rugby samoan ne tient qu’à un fil.


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