La grande famille du rugby, vous voyez l’image. La famille rugby, c’est ce qu’on va découvrir avec Rozenn Ngassa, une forme de chevauchée de l’ovale qui rit à Rennes.

À 50 ans, Rozenn a les crampons chevillés aux pieds, mais aussi ceux de ses enfants et de son mari. Professionnellement ? Professeur des écoles maternelles dans un petit village de campagne, Saint-Rémy-du-Plain, 800 habitants.

Crédit photo : Damien Lenoir

Ancienne joueuse de rugby à XV, joueuse de R5, membre du bureau du Stade Rennais en Elite 2, speakrine lors des matchs à domicile.

« On est descendues l’année dernière après une bonne vingtaine d’années passées en Elite 1. »

Une fratrie sous le signe de l’Equipe de France

Maman de joueurs et d’une joueuse, Rozenn suit leurs parcours avec fierté :

« J’ai trois fils et une fille. Et tout le monde joue au rugby. Il y en a un à Vannes, à l’Académie Pôle Espoir, actuellement en stage à Fréjus avec les 56 meilleurs joueurs de moins de 18, il a porté le maillot de l’équipe de France moins de 18 ans cet été lors de la tournée en Afrique du Sud. Ma fille est aussi passée par l’Académie Pôle Espoir du lycée Joliot-Curie à Rennes. Et puis, elle a fait deux feuilles de match en moins de 20 ans contre l’Angleterre et pendant deux ans, elle a aussi participé à l’Académie France à 7 réserve. »

Le mari est aussi énormément rugby :

« Oui, c’est au rugby qu’on s’est rencontrés, quand on faisait la formation éducateur rugby il y a maintenant un quart de siècle ! C’est par le rugby qu’on s’est connus. »

Rozenn NGASSA et la présidente du Stade Rennais Anne-Sophie Demoulin
Crédit photo: Perrine Josse

Cette union a engendré Maélig Ngassa-Manac’h, « parce qu’on tenait à ce que les enfants portent nos deux noms, donc il y a un petit côté mixte, un mélange des genres (sourire) ». Maélig qui a 22 ans, Timothé qui a 20 ans, Malo qui a 19 ans, et Gaétan qui a 17 ans.

Des parquets de danse à la création du Stade Rennais

Comment vient-on au rugby en Bretagne ?

« Je suis venue au rugby grâce à l’université. J’ai fait beaucoup de danse classique, et à un moment ma corpulence faisait que je ne correspondais plus forcément aux standards, j’ai arrêté la danse. Le lycée est passé, on est revenu en Bretagne, puisqu’à ce moment-là j’étais en Lorraine près de Metz. »

À la fac, le rugby féminin en était à ses balbutiements. Alors que le REC (Rennes Etudiants Club) ne soutenait pas forcément la section, Rozenn a pris les choses en main :

« J’étais là en 1999 avec Lionel Brouder, Philippe Morant et Yann Moison, quand on a créé le Stade Rennais Rugby. »

Aujourd’hui, elle reste une figure centrale du rugby breton. Son mari Patrice n’est pas en reste : ancien joueur du REC, il est médecin du Stade Rennais depuis 25 ans, du REC depuis 8 ans, et du RC Vannes depuis janvier 2026 ! Chez les Ngassa, ça parle rugby, ça regarde rugby, ça vit rugby. Même Malo, le « footeux » de la famille, a fini par céder :

« Malo a joué au foot longtemps, et puis il y a 4 ans, il est venu au rugby… il a craqué ! (sourire), c’est d’ailleurs un excellent buteur. »

Militante pour l’avenir de l’Elite rennaise

Crédit photo : Perrine Josse (Perrine sport)

Militante, joueuse, femme de, mère de, Rozenn espère et milite pour son club :

« J’espère voir l’équipe de Maélig remonter en Elite 1, créer une dynamique pour que les filles restent chez nous, alors qu’en fait, on est un club qui n’a pas les mêmes moyens qu’une bonne partie des autres clubs adossés à des équipes du Top 14. Financièrement, on ne peut pas rivaliser, il faut réussir à créer une dynamique de groupe, des entraînements de qualité, une vie associative qui fait que les filles préfèrent quand même rester à Rennes. »

À moyen terme, son objectif est clair : aider le club et rester la fan numéro 1 de ses enfants. Cela implique de nombreux kilomètres avec le drapeau breton, de La Rochelle à Grenoble, en passant par Lille pour soutenir les couleurs rennaises.

Le mot de la fin : Un sport pour tous

« Le rugby, c’est un sport qui peut faire peur à certains parents, mais en fait c’est un sport qui peut aussi générer des liens très forts, parce qu’on est dans un collectif, on s’entraîne en extérieur, on peut se défouler, il y en a pour tous les physiques, à la fois la petite numéro neuf, rapide et futée, et la fille costaude qu’on aurait choisie en dernier dans son équipe quand on était à l’école primaire. Il y en a vraiment pour tous les goûts, et puis ça crée des liens très forts. Mes meilleures amies sont issues du rugby, ça fait 25 ans, il y a encore des week-ends où on se retrouve, les anciennes. Il y a vraiment des valeurs dans ce sport. »

Au Stade Rennais, ce sont des bénévoles qui font vivre l’association et qui ont plaisir à se retrouver. Des passionnés qu’il faut encourager à poursuivre. Encore et encore. Au nom de la grande famille du rugby.