Italie-Écosse : duel d’orage et revanche transalpine

Rome, un ciel couleur plomb, une pelouse grasse et une Écosse persuadée qu’elle allait enfin passer un week-end tranquille en Italie. Raté. Très raté. Dans des conditions à faire glisser un pilier sur dix mètres, l’Italie a livré un match à l’ancienne avec une vieille bonne recette : plaquer, gratter, défendre… et recommencer.

La Squadra a frappé vite, fort, et surtout au bon moment. Deux essais en première période (Lynagh et Menoncello), une défense en mode mur de briques, et voilà les Écossais contraints de courir après le score avec le ballon qui glisse plus vite que la savonnette et les certitudes. Malgré une possession très écossaise (65%) et une fin de match sous tension, l’Italie a tenu. Serré les rang. Les dents aussi. Et gagné un succès épique… sauf en terme de jeu.

Score final : 18-15. Pas de feu d’artifice, mais une victoire pleine de sueur, de solidarité et de symboles. L’Italie version 2026 n’est peut-être pas encore flamboyante, mais elle est devenue terriblement pénible à jouer. Et ça, dans le Tournoi, c’est déjà une petite révolution. L’Italie confirme qu’elle n’est plus le passage obligé mais le détour piégeux.

Angleterre-Pays de Galles : démonstration et déclaration d’intentions

Il n’a fallu que quelques minutes pour comprendre que l’après-midi allait être long pour les Gallois. Très long. Dès le coup d’envoi, l’Angleterre a mis la main sur le ballon, sur le tempo et, rapidement, sur le match. Jeu au pied chirurgical, avants dominateurs, défense montée en escadrille… le plan était clair et parfaitement exécuté.

Dans ce décor idéal, George Ford a sorti la panoplie complète du chef d’orchestre. Un tempo juste, des choix propres, et ce petit sourire discret de l’ouvreur qui sait que tout se déroule comme prévu. Derrière lui, les lignes anglaises avançaient avec méthode, trouvant constamment des espaces dans une défense galloise déjà sur les talons.

Et puis il y a eu Henry Arundell. L’ailier anglais n’a pas seulement marqué un triplé : il a rappelé pourquoi Twickenham adore les joueurs qui transforment une demi-occasion en essai plein champ, plein de fougue. À chaque ballon touché, la menace était immédiate. Appui, accélération, croché dévastateur et soudain la ligne d’en-but se rapprochait très vite.

Les Gallois n’ont pas triché. Ils ont plaqué, tenté, insisté. Ils ont même inscrit un essai pour sauver l’honneur… Mais face à cette Angleterre-là, chaque initiative semblait coûter deux efforts supplémentaires. Trop d’imprécisions, trop peu de ballons rapides, et une conquête souvent chahutée. Difficile, dans ces conditions, d’exister durablement. Le temps presse pour des Gallois qui voient un XV de France débarquer à Cardiff le couteau entre les dents.