Depuis plusieurs jours, les projecteurs sont de nouveau braqués sur le Stade Toulousain, non pas pour une performance sur le pré, mais pour une question épineuse de droit à l’image. Selon une enquête publiée par L’Équipe le 9 février 2026, deux joueurs phares de l’équipe et pas des moindre – Antoine Dupont, capitaine du XV de France, et Anthony Jelonch, troisième ligne international lui-aussi – sont au cœur de contrats d’image et de publicité jugés « suspects » par le quotidien sportif.

La société 3S-Alyzia, partenaire du club toulousain spécialisée dans les services aéroportuaires, aurait versé plus d’1,5 million d’euros à Dupont et environ 170.000 € à Jelonch au titre de droits à l’image signés via leurs structures personnelles. Ces contrats, censés permettre à l’entreprise d’utiliser leur image à des fins de communication interne et externe, ne semblent pourtant donner lieu à aucune contrepartie visible. Autrement dit, pas de campagne publicitaire, pas de contenu diffusé, pas d’affichage marquant l’association entre la marque et les joueurs, relèvent nos confrères.

Le salary-cap contourné ?

Le cœur du problème dépasse la simple curiosité marketing et touche au cadre strict du salary-cap en vigueur dans le Top 14. Ce mécanisme, instauré pour garantir l’équité sportive en limitant la masse salariale des clubs, inclut dans son calcul les rémunérations liées aux contrats individuels de joueurs quand elles sont versées par des partenaires du club. Or, dans le cas présent, il apparaît que certaines sommes perçues, notamment une redevance de conseil de la part du sponsor Fiducial versée à Dupont, n’auraient pas été intégrées dans le salary-cap.

Pour étayer ses interrogations, L’Équipe détaille la structure des accords. Le contrat liant Dupont à 3S-Alyzia via sa société AD 9 Conseils court depuis près de dix ans, avec des versements réguliers pour « communication interne et externe« , sans preuves tangibles d’une exploitation publique de ces droits. Le modèle est similaire pour Jelonch, dont les interventions effectives auprès de l’entreprise seraient limitées (selon ses propres mots) à « deux soirées one shot« , loin des engagements justifiant un tel montant.

Du côté du club, aucune réponse publique détaillée n’a encore été formulée, tandis que les autorités du rugby français (notamment le salary-cap manager de la Ligue nationale de rugby) se refusent pour l’heure à commenter, invoquant la confidentialité des procédures. La question qui se pose est simple, mais potentiellement lourde de conséquences : ces contrats ont-ils servi à déguiser une partie de la rémunération des joueurs, permettant au Stade Toulousain de contourner implicitement les limites imposées par le salary-cap ?

Lire aussi : Discipline : Sanctions alourdies pour O’Gara et Tarrit

Cette polémique intervient dans un contexte déjà délicat pour le club haut-garonnais, récemment dans le viseur de la justice pour d’autres irrégularités financières, et met en lumière la fragilité d’un système qui tente d’équilibrer attractivité commerciale et équité sportive. Alors que le débat s’ouvre sur la transparence et le contrôle des droits à l’image dans le rugby professionnel, Toulouse se retrouve, une fois de plus, au centre d’une controverse qui pourrait bien redéfinir les règles du jeu hors des lignes blanches.