C'était un secret de moins en moins bien gardé, tant son absence des terrains durait. Mercredi, sur son compte Instagram, Romane Ménager a officialisé sa retraite sportive. À 29 ans, l'une des joueuses les plus emblématiques du rugby français tire sa révérence, contrainte par des commotions cérébrales qui l'empêchaient de rejouer sereinement.

Une décision imposée par le corps

Depuis deux ans, Romane Ménager luttait pour retrouver le haut niveau. En vain. « Après deux saisons à tout mettre en œuvre pour retrouver les terrains dans les meilleures conditions possibles, je dois aujourd’hui me rendre à l’évidence. Il est temps d’écouter mon corps », a écrit la troisième ligne sur son compte Instagram. « À la suite de difficultés à récupérer après plusieurs commotions, et après de nombreux échanges avec le corps médical, nous avons pris la décision de mettre un terme à mon parcours de joueuse afin de préserver ma santé. » Une nouvelle commotion, subie lors de son match de retour contre l’Italie, l’avait notamment privée de la Coupe du monde 2025.

De Lille à Montpellier, une carrière de gagnante

Le rugby français perd l’une de ses cadres. C’est dans le Nord, au Lille Métropole, que Romane Ménager s’est révélée, jusqu’à décrocher un premier titre de championne de France en 2016. Elle rejoint ensuite Montpellier en 2018 et confirme aussitôt son statut : dès la saison suivante, en 2019, elle soulève un nouveau Brennus avec le club héraultais. Deux clubs, deux sacres nationaux, à des postes exigeants de la troisième ligne, où sa densité et son volume de jeu faisaient référence.

Une pièce maîtresse du XV de France

Sur la scène internationale, Romane Ménager s’est imposée comme une pièce maîtresse du XV de France, qu’elle a porté à 68 reprises. À son palmarès en Bleu, deux Tournois des Six Nations, en 2016 puis en 2018 avec un Grand Chelem à la clé, période faste du rugby féminin tricolore. Elle a aussi disputé deux Coupes du monde, en 2017 et en 2022, conclues chacune par une troisième place, régulièrement citée parmi les meilleures troisièmes lignes de la planète. « Les plus belles pages restent encore à écrire », veut-elle croire pour la suite.

Les Ménager et l’ombre des commotions

Son départ résonne d’autant plus fort qu’il intervient quelques mois seulement après celui de sa sœur jumelle, Marine, elle aussi retirée des terrains. Deux carrières écourtées dans la même famille, au moment où la question des chocs à la tête s’impose comme l’un des grands enjeux du rugby, et singulièrement de sa version féminine. À 29 ans, Romane Ménager n’aura pas choisi le moment de son adieu. Son corps l’a fait pour elle.