Révélée par L'Équipe puis officialisée par la LNR, la refonte de l'assistance vidéo a été présentée aux arbitres lors du stage de présaison de Loudenvielle. C'est le volet le plus spectaculaire de l'intersaison arbitrale : pour la première fois, l'arbitre vidéo disposera de ses propres images, de ses propres outils et de son propre technicien.

Un arbitrage vidéo affranchi du diffuseur

C’était l’angle mort du dispositif : jusqu’ici, l’arbitre vidéo dépendait des ralentis choisis par la réalisation de Canal+, avec un seul écran et un différé de cinq secondes. À partir de septembre, le TMO aura directement accès à l’ensemble des flux : jusqu’à 17 caméras sur un match de Top 14 diffusé en prime time, quatre en Pro D2, et quatre écrans à sa disposition. Il pourra sélectionner lui-même les angles, faire ses ralentis, zoomer, taguer des situations de jeu, puis envoyer les deux meilleures images à l’arbitre central sur l’écran géant du stade.

« L’arbitre vidéo pilote tout : il choisit la caméra, fait les replays, clippe les images. C’est exactement comme avoir sa propre cabine de régie. Il prend ses décisions plus vite, plus clairement, on évite certains appels inutiles », détaille dans La Dépêche du Midi Nicolas Datas, ancien arbitre international devenu coordinateur des arbitres de Top 14 et de Pro D2. Mathieu Raynal confirme le changement d’époque : « Avant, on disposait d’un seul écran avec un temps live différé de cinq secondes et on était dépendant des images envoyées par le diffuseur. »

Un technicien spécialisé accompagnera l’arbitre vidéo sur chaque rencontre des deux championnats. Le dispositif a été confié à VOGO, la société montpelliéraine qui a remporté l’ensemble des lots de l’appel d’offres de la LNR jusqu’en 2032. Objectif affiché : des décisions plus rapides, moins d’appels vidéo superflus et des temps morts raccourcis.

Onze nouveaux arbitres vidéo, dont Nathalie Millet

Pour armer ce dispositif, la LNR a intégré onze nouveaux arbitres vidéo cette intersaison. Parmi eux, Nathalie Millet devient la deuxième femme du corps arbitral du haut niveau français, après Aurélie Groizeleau. Ancienne joueuse d’Élite 1, arbitre puis assistante, cette ingénieure installée en Loire-Atlantique raconte à Rugbyrama une promotion ouverte : « Ils ont décidé d’ouvrir à beaucoup de monde : nous sommes quand même 11 nouveaux cette année. »

Hors-jeu, sealings, rythme : les consignes qui accompagnent l’outil

Sur le terrain, l’outil s’accompagne de directives précisées par l’arbitre de Top 14 Jonathan Gasnier au Télégramme : la sécurité du joueur reste la priorité absolue, avec un focus assumé sur l’espace, hors-jeu de ligne et hors-jeu sur les jeux au pied en tête. Les arbitres remettront aussi du contest sur les « sealings », ces joueurs qui scellent le ballon au sol en sortie de camp, et pousseront les équipes à se mettre en place plus vite. La ligne disciplinaire française reste ferme : la saison passée de Top 14 a produit 303 cartons jaunes et 22 cartons rouges.

Cette vidéo nouvelle génération complète un chantier arbitral plus large : Mathieu Raynal a détaillé dans nos colonnes les nouvelles règles de la saison, et Fabien Galthié a plaidé à Loudenvielle pour un championnat arbitré selon les standards internationaux. L’outil sera à l’épreuve dès la reprise, le 5 septembre.

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