Un seul nom revenait en boucle devant les grilles de Jean-Dauger : Zinédine Zidane. Exit, le temps d’une soirée, les charges surpuissantes de Manu Tuilagi, les passes sautées de Joris Segonds ou les chevauchées de Sireli Maqala, habitués des lieux. Les bruits de couloir disaient vrai. Le sélectionneur des Bleus ne jouerait pas. Sa sortie du tunnel n’a pourtant rien eu de discret. Les flashs crépitaient sans relâche et les plus chanceux sont parvenus à arracher une dédicace ou une photo.

Le principe est simple : les « légendes » contre les légendes basques. D’un côté, d’anciennes gloires du football et du handball, accompagnée de quelques influenceurs. De l’autre, les figures du cru, rugbymen et pelotaris et quelques invités venus d’ailleurs. Autour du Ballon d’or 1998, le plateau affichait de (très) beaux noms : les champions du monde Laurent Blanc, Fabien Barthez et Bixente Lizarazu, les anciens internationaux Dimitri Payet et Bafétimbi Gomis, la légende Jean-Pierre Papin, les handballeurs Jérôme Fernandez et Thierry Omeyer. Côté ovale, Richard Dourthe, Camille Lopez, Dimitri Yachvili, Jérôme Thion, Imanol Harinordoquy, David Roumieu et les influenceurs Djayson Karavane et Pablo Brimeux. Sébastien Chabal, lui, a finalement enfilé le maillot des footballeurs.

Zidane ovationné

Derrière le show, il y a une cause. Le Match des Légendes est porté par Pascal Olmeta, ancien gardien illustre, qui préside « Un sourire, un espoir pour la vie ». L’association aide les enfants malades et leurs familles, et les fonds récoltés financeront des voyages, des aventures sportives ou culturelles.

Le monde avait répondu présent, maillots floqués Zidane dans le dos, mais pas seulement. « Je n’aurai d’yeux que pour Zizou. J’en ai des frissons ! Notre Zidane national à Bayonne, chez moi, devant moi, je n’arrive pas à réaliser », nous lançait Willy, venu avec ses deux enfants. Quand le sélectionneur tricolore a regagné le banc, une immense ovation l’a suivi. Logique.

D’entrée, il a pu apprécier d’entrée la technique de Dimitri Payet, qui n’a rien perdu de sa gestuelle, les débordements de Ludovic Giuly, les prises de risque d’Olmeta et, surtout, la solide défense d’un certain… Sébastien Chabal. « Caveman » avait d’ailleurs les faveurs du public à l’applaudimètre. À la 16e minute, les footballeurs ne laissaient aucune miette (3-0). Jusqu’au but de l’ancien arrière Nans Ducuing, auteur d’un doublé quelques minutes plus tard. Les rugbymen ne se laissaient pas faire, malgré un déchet technique certain. Mieux : à dix minutes des citrons, Imanol Harinordoquy poussait le ballon au fond et trompait l’ancien portier stéphanois Jérémie Janot. Puis Damien Traille, le Biarrot, après une multitude de frappes ratées, donnait l’avantage aux rugbymen, à la stupeur générale. Vexés, mais toujours avec le sourire, les footballeurs reprenaient les commandes.

« C’était vraiment plaisant de voir toutes ces stars jouer le jeu ! Certains ont de beaux restes », glissait un supporter de l’OM. A côté de nous, de très jeunes amateurs de foot se prenaient au jeu et râlaient sur les légendes qui encaissaient un nouveau but par l’homme de la soirée, Nans Ducuing.

Le score bougeait gentiment, les rugbymen n’abandonnaient pas, les footballeurs manquaient l’immanquable mais le public, lui, était toujours à fond. Au-delà des résultats et des performances individuelles, l’essentiel était ailleurs : soutenir une cause noble et vivre un moment unique à Bayonne. C’est réussi.

Thomas Larroquette
Journaliste