Le SU Agen perdra Lucas Martins en juin 2027, direction Castres pour trois saisons. Le club tarnais s’offre le meilleur marqueur du dernier championnat, et c’est ce chiffre que tout le monde retient. Mais en remontant vingt ans de Pro D2, on tombe sur autre chose : Agen ne cesse de fournir des ailiers qui terminent en tête, et certains sont allés très loin ensuite.
Trois fois en vingt ans
Depuis 2005, trois joueurs du SU Agen ont fini meilleur marqueur de Pro D2. Aucun autre club ne revient aussi souvent en tête de ce classement.
Le premier s’appelle Yoann Huget. Quatorze essais en 2008-2009 sous le maillot agenais, avant de partir, de devenir international et de gagner le Brennus avec Toulouse. Le deuxième est George Tilsley, quatorze essais lui aussi, en 2016-2017. Le troisième est Lucas Martins, dix-sept la saison dernière.
Trois profils différents, un même poste, un même club. Agen a beau enchaîner les saisons compliquées, il continue de produire des finisseurs que les autres viennent chercher.
Marquer beaucoup, c’est la définition du poste
Avant de s’extasier sur un total, il faut rappeler une évidence que le chiffre brut fait oublier : un ailier est payé pour finir les actions. La saison dernière en Pro D2, neuf ailiers ont inscrit dix essais ou plus. Aucun autre poste n’en aligne autant, les talonneurs suivant à six grâce aux ballons portés.
Le total seul ne dit donc pas grand-chose. Ce qui distingue vraiment un finisseur, c’est son rendement par match.
| Saison | Joueur | Poste | Matchs | Essais | Par match |
|---|---|---|---|---|---|
| 2023-2024 | Raffaele Costa Storti | Ailier | 19 | 21 | 1,11 |
| 2013-2014 | Mosese Ratuvou | Centre | 27 | 20 | 0,74 |
| 2024-2025 | Adrien Lapègue | Ailier | 28 | 20 | 0,71 |
| 2025-2026 | Lucas Martins | Ailier | 24 | 17 | 0,71 |
| 2010-2011 | Timoci Matanavou | Centre | 28 | 19 | 0,68 |
| 2022-2023 | Nathanael Hulleu | Ailier | 32 | 17 | 0,53 |
Lu comme ça, le classement change. Martins et Hulleu affichent le même total de dix-sept essais, mais l’Agenais l’a fait en huit matchs de moins, ce qui le place bien devant au rendement. À l’inverse, Costa Storti reste seul dans une autre catégorie : plus d’un essai par match sur une saison, personne d’autre n’y touche depuis vingt ans.
Deux précisions encore. Ratuvou et Matanavou n’étaient pas ailiers mais centres, ce qui rend leurs totaux plus remarquables que ceux des trois-quarts aile. Et Martins avait vingt-deux ans quand il a réalisé sa saison. C’est là, plus que dans le total, que se loge la promesse.
Caucaunibuca, la comparaison qu’il faut préciser
Le nom de Rupeni Caucaunibuca est revenu partout, puisque le Fidjien portait lui aussi le maillot agenais. Le rapprochement demande une correction.
Ses dix-sept essais de 2005-2006 ont bien été inscrits à Agen, mais en Top 14, en vingt-trois matchs. En Pro D2, où il est revenu ensuite avec le même club, son meilleur total plafonne à treize essais en 2009-2010, après douze l’année précédente.
L’image de deux ailiers hors normes passés par le Lot-et-Garonne à vingt ans d’écart tient toujours. Simplement, les deux totaux ne viennent pas de la même division.
Pourquoi Castres a fait vite
Le CO n’a pas seulement acheté un chiffre, il a comblé un manque. La saison dernière en Top 14, aucun ailier castrais n’a dépassé sept essais, et les sept joueurs alignés aux ailes et à l’arrière ont marqué vingt-six fois à eux tous.
Personne ne garantit qu’un finisseur de Pro D2 transforme l’essai à l’étage au-dessus. Mais Castres a identifié le poste où il produit le moins, il a trouvé le joueur qui produit le plus là où il évolue, et il a signé un an avant que les autres puissent se manifester. Le reste se jouera sur le terrain, en 2027.





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