Fabien Galthié, c’est d’abord une carrière, un palmarès en tant que joueur à Colomiers puis au Stade Français, en équipe de France puis comme entraîneur de club au Stade Français et à Montpellier. Meilleur joueur du monde, ça vous pose là.

Quand vous demandez à ChatGPT un « portrait sensible » de l’intéressé, il ressort (entre autres choses) : « Il ne cherche pas à plaire. Il cherche à convaincre par le sens, (…) il porte une part de vulnérabilité silencieuse : celle de quelqu’un qui a connu la mise à l’écart, le doute, les détours. »

Le miracle permanent : les lois de Murphy au placard

Il y a les lois de Murphy, on peut y ajouter le « paradoxe Galthié » : pas retenu par le staff pour le Mondial 91, écarté par Berbizier pour 95, par Skréla-Villepreux en 99, il va pourtant participer à ces trois éditions ! Incassable, « incasable ».

C’est quand le bonheur? C’est la saison 2022/2003. Celui a été l’un des premiers joueurs transférés de l’histoire du jeune rugby pro français va tout connaître: Grand Chelem en 2002, meilleur joueur du monde, champion de France avec Paris (en inscrivant un essai s’il vous plaît) pour le dernier match de club de sa carrière. La coupe du monde 2003, master class contre l’Irlande en quarts, défaite sous la pluie contre les Anglais de Martin Johnson, Jonny Wilkinson et Clive Woodward… “C’était bien, c’était bien…”, les derniers mots, alors de Galthié joueur.

​​L’intellectuel « attachiant »

Il se forme, s’informe, passe par chez Capgemini et autres, l’intellect prend largement le dessus. Formé, formateur, jamais formaté, consultant médias, institutions, mais le terrain est toujours là : entraîneur du Stade Français (champion de France 2007), de Montpellier (finaliste 2011), consultant dans l’intervalle pour l’Argentine avec des victoires contre l’Angleterre et la France ; le technicien est reconnu.

Capable de partager une Chesterfield à Gloucester à l’hôtel quatre heures avant le match, souriant malgré une défaite à Bath 14-13 en Coupe d’Europe, formant un sacré duo avec le regretté Éric Béchu, les « djeunes » diraient de lui qu’il est parfois « attachiant ». Dézingueur mais fidèle en amitié, coupant comme un rasoir mais tellement amical.

Sélectionner : un destin en miroir

Ses compétences ne sont pas à remettre en cause, même si ses décisions laissent parfois pantois. Preuve en est ce début des VI Nations 2026 : il se passe de Penaud ou Fickou, et le terrain lui donne raison avec une victoire 36 à 14. Le plan s’est déroulé sans accroc ; Hannibal Smith n’aurait pas dit mieux.

Sélectionneur, c’est écarter ou prendre ? Il a été si souvent écarté pour finalement revenir et s’imposer que la question reste posée…