La procédure durait depuis près de six ans sans avoir jamais atteint un tribunal. C’est désormais possible.

La procédure durait depuis près de six ans sans avoir jamais atteint un tribunal. Un juge britannique a décidé vendredi 21 août qu’elle le pouvait.

Plusieurs centaines d’anciens joueurs poursuivent World Rugby, la fédération anglaise et la fédération galloise. Ils souffrent de troubles neurologiques qu’ils attribuent aux chocs répétés subis en carrière, et reprochent aux instances de n’avoir pris aucune mesure et de ne pas les avoir informés des risques, alors qu’elles disposaient selon eux des connaissances et des moyens de le faire.

Qui porte plainte

Parmi les plaignants figurent l’ancien capitaine du pays de Galles Ryan Jones, l’international gallois Alix Popham, et trois Anglais champions du monde en 2003 : Steve Thompson, Mark Regan et Phil Vickery. Steve Thompson a expliqué publiquement n’avoir aucun souvenir de la finale qu’il a disputée.

Ce que représente une carrière de ce niveau

L’exposition aux chocs ne se mesure pas directement, mais le volume de matchs et de minutes en donne un ordre de grandeur. Voici ce que nos relevés recensent pour les cinq plaignants nommés, toutes compétitions confondues, club et sélection.

JoueurMatchsMinutesPériode
Steve Thompson26314 4941999-2011
Ryan Jones22114 8562004-2014
Alix Popham19011 5672000-2010
Phil Vickery18611 4361997-2010
Mark Regan18410 5001995-2008

Ces totaux sont des planchers : la couverture des championnats de club des années 1990 et 2000 est incomplète dans notre base, et le décompte ne tient évidemment pas compte des entraînements, où se concentre l’essentiel des impacts répétés.

Quatre d’entre eux sont des avants, dont trois de première ligne. Thompson, Regan et Vickery ont passé leur carrière dans la mêlée.

Ce qui change

La décision de vendredi ne tranche pas le fond. Elle autorise l’affaire à être jugée, ce que les instances contestaient. Les plaignants peuvent donc espérer obtenir réparation, et surtout un examen public de ce que les fédérations savaient, et quand.

Le rugby a considérablement durci son protocole commotion depuis le milieu des années 2010 : évaluation en bord de terrain, période de retour au jeu encadrée, abaissement de la hauteur de plaquage, sanctions renforcées sur les contacts avec la tête. Le procès portera sur la période antérieure.