Il savait tout faire. Et bien. Comme son aîné Jean Prat, dont il était l’exact opposé. Cette photo le prouve, il se servait de son pied, le droit comme le gauche, pour soulager son demi de mêlée – ici Lilian Camberabero, à Colombes, sûrement derrière une touche cafouilleuse, sous le regard de son capitaine, Christian Carrère. Il fut du Grand Chelem 1968, le premier de l’histoire bleue. Son palmarès si peu épais – sept sélections seulement – ne rend pas hommage au talent qu’il exprima sur les terrains. Lui se fichait des honneurs comme de sa première quinte flush : il aimait croquer dans la vie sans retenue. Jean Salut a fini de déborder le 5 septembre.

Jeannot. Pour les intimes, dont je n’étais pas. Mais assez de connivences me permirent de le rencontrer à l’heure où la maladie commençait à lui ronger la gorge. Lui qui avait beaucoup parlé s’exprimait avec difficulté. C’était il y a neuf ans, chez lui, pas loin de Beaumont-de-Lomagne, où il était né en 1943 et avait commencé le rugby avant de rejoindre le TOEC, club redouté du temps des ballons de cuir et des maillots en coton. Où évoluait au centre René Berbizier…

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