La part que représente le génie dans l’expression d’un art ne se travaille pas et c’est heureux. Apprécier le coup d’œil coquin de Finn Russell analysant en une fraction de seconde l’étendue du relâchement gallois après un but de pénalité réussi pour réengager promptement et doser son coup de pied pour que son coéquipier Darcy Graham se saisisse du ballon pour l’essai de la « remontada », est un délice de fin gourmet. Dans ce stade de Cardiff rebaptisé quatre fois au fil des constructions et du « naming », le rusé ouvreur écossais fut le digne héritier – sous un autre maillot – de Barry John, Phil Bennett et Jonathan Davies, et c’est pour ça que le rugby est grand.

A l’heure de savourer une retraite bien méritée, ce Galles-Ecosse m’a replongé en 1986. L’Equipe m’avait envoyé à Cardiff pour rédiger mon premier compte-rendu international. C’est dans ce qui s’appelait alors le National Stadium que John Jeffey, John Beattie, Finlay Calder, David Sole, Roy Laidlaw et John Rutherford – qui deviendraient par la suite de bons copains – déployèrent leur talent, et j’ai encore en mémoire l’essai du « Requin Blanc » inscrit en coin après un tour de mêlée comme on n’en voit plus…

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